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Episode 1 – Comment parler aux enfants ?

On parle très souvent à nos enfants !

Trop souvent dans la rue, dans les centres commerciaux, dans les parcs, bref, partout où il y a des personnes autour de moi avec des enfants, trop souvent je vois que l’on s’adresse de la mauvaise façon aux enfants. On crie ou on élève la voix, on parle de façon grossière, on exige quelque chose de l’enfant sans lui expliquer… Bref, ça n’est pas efficace. Car l’enfant n’écoute pas, n’obéit pas, ne comprend pas. Ça ne fonctionne pas.

Donc, on s’énerve ou on se désespère…

Et pourtant, on parle très souvent à nos enfants. La fréquence à laquelle cet évènement très anodin se produit est élevée.
Donc, autant le faire de la meilleure façon possible.

Un exemple qui m’est arrivé très souvent, c’est que je suis avec ma copine en train de discuter pendant que nos enfants, deux garçons proches d’âge, jouent dans une autre pièce. Je trouvais qu’ils faisaient trop de bruit parce que la petite soeur était en train de faire sa sieste. Et je leur dis, en parlant fort, de ma chaise, « les garçons, faites moins de bruit svp ! ». Et alors là, mais ça leur passe complètement au-dessus de leur tête. Ils n’en avaient rien à faire. Ils m’ont complètement ignorée et ne m’ont surtout pas obéi. Alors sachant ce que je vais vous expliquer ensuite, je ne me suis pas énervée et de toute façon, la petite soeur était réveillée alors…

Quelle est la façon optimale de parler à ses enfants ? 

La première chose que je veux vous dire est que la façon dont on s’exprime, la façon dont on parle à ses enfants est quelque chose que l’on adopte sur le long terme. Tout le temps. Il n’y a pas de fois où c’est approprié de s’exprimer de façon inadéquate. Et, si vous améliorez la façon dont vous parlez à vos enfants, il va y avoir un vrai bénéfice durable. 

Je suis consciente qu’il y a des moments où il faut que l’enfant obéisse tout de suite, quand il y a un danger par exemple. Vous allez parler rapidement et à un volume sonore élevé. Si vous ne le faites qu’en de rares occasions, l’enfant va immédiatement comprendre qu’il se passe quelque chose d’exceptionnel. Dans ces moments-là, on n’a pas le temps d’expliquer. Il faut qu’il y ait une réaction immédiate. 

Par contre, on peut expliquer après. Si on explique, l’enfant va avoir plus de facilité à agir immédiatement à une demande qu’il ne comprend pas. Il nous fait confiance. Et c’est quand même ça que l’on veut en tant que parent. Que notre enfant nous fasse confiance. Nos paroles ont d’autant plus de poids que la confiance est grande. 

Donc, concrètement, comment parle-t-on à ses enfants ? 

On commence par rester calme ou le redevenir. Il faut que notre ton soit égal. Normal. Si on a besoin, on peut inspirer et expirer plusieurs fois, s’isoler, estimer qu’on ne va pas réussir à être calme donc repousser la conversation à plus tard… Mais, lorsqu’on a quelque chose à dire à nos enfants, le mieux est de le faire calmement. Là aussi, je suis consciente qu’on n’a pas toujours la possibilité de prendre le temps de se calmer ou de s’isoler. Donc, faites-le dans la mesure du possible. 

Ensuite, on se met à hauteur de l’enfant. On se met à genoux, accroupi, on s’assoit, peu importe la technique, il faut que vos yeux et ceux de votre enfant soient à peu près au même niveau. Cela pour plusieurs raisons : 

  • lorsqu’on est debout, face à l’enfant, on le domine, on a une posture autoritaire. Et, ce qu’on veut, c’est abandonner cette posture autoritaire pour adopter une posture de collaboration. 
  • Lorsqu’on est debout, notre voix porte moins bien jusqu’aux oreilles de notre enfant et le regard est très important : il doit pouvoir voir vos yeux. 
  • Et enfin, lorsqu’on est debout, on peut moins bien voir le visage de notre enfant, ses réactions, ses expressions… ce qui est pourtant très utile pour que nous, parents, sachions si le message est passé, s’il a été compris…

Ensuite, il faut faire attention aux mots que l’on emploie. Bien sûr, on évite le langage grossier comme des insultes ou des formulations trop familières. Et ça on le fait tout le temps en présence de l’enfant car l’enfant écoute. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais il a toujours une oreille qui traîne. Et, si on dit une expression trop familière à d’autres adultes alors que nos enfants sont à portée d’oreille, nous ne sommes pas à l’abri qu’ils la répètent plus tard devant nous ou à l’école. C’est une vraie discipline. Je me souviens d’une collègue qui me disait « ah bah moi, les « putain », c’est une ponctuation ». Oui ok, mais quand on a des enfants, on s’adapte. Après, on peut aussi expliquer qu’il y a certains mots réservés pour les adultes et que les enfants ne doivent pas dire. Mais, ça me gène un peu car nos enfants nous copient (vous savez, grâce aux fameux neurones miroirs sur lesquels je vais faire un épisode dédié) et j’aime bien l’idée d’une certaine égalité entre les êtres humains, qu’ils soient enfants ou adultes. Donc bien sûr, il y a des choses que les enfants ne peuvent pas faire, ne peuvent pas décider, ne peuvent pas dire mais plus ces choses sont réduites, mieux c’est. 

Et, je trouve que c’est une technique peu efficace, qui ne fonctionne pas avec tous les enfants (bon, comme toutes les techniques…). Vous êtes libres d’essayer, bien sûr et si ça fonctionne et que ça vous convient, tant mieux ! 

Ça c’était pour le langage familier/grossier. 

On va maintenant parler du langage bébé. L’exemple typique que j’ai entendu un nombre incalculable de fois est le « c’est caca » pour tout ce qui est sale. L’enfant ramasse un mégot de cigarette au sol, on lui dit d’un air affolé « non ! Touche pas, c’est caca ! ». Bon, non. Ce n’est pas caca. C’est sale. Appelons un chat un chat. Ce qui est sale est sale, pas caca. Le caca est du caca, c’est sale. Un mégot de cigarette est sale, ce n’est pas du caca. 

Et quand on fait ça, l’enfant va assimiler le mégot de cigarette comme étant du caca, alors que le caca est dans la couche ou les toilettes. Ça crée une confusion. Alors que l’enfant est très bien capable de comprendre que le caca est sale et que le mégot de cigarette est sale. 

Employer le bon mot va l’aider à comprendre ce mot. Qu’est-ce que ça veut dire sale ? Et, à l’inverse, qu’est-ce que ça veut dire caca ? 

Donc utilisons les bons mots. L’enfant est capable de les comprendre. Si on utilise un mot un peu compliqué, on lui explique. Ça va lui développer son langage, son vocabulaire. Et, l’enfant comprend, dès tout petit. 

J’attire aussi votre attention sur ce que vous dites, sur les sujets que vous abordez en présence d’enfant. Evitez tous les sujets un peu glauques comme le copain qui est tombé de vélo et qui a une grosse balafre sur le visage, ou autre accident de la vie quotidienne (je passe le doigt broyé par le mixeur et autres joyeusetés) ou accident de voiture, d’avion, maladie de proches, etc. Tout ce qui peut choquer vos enfants et provoquer une réaction forte chez eux. Attendez qu’ils soient couchés ou dans une autre pièce pour aborder ces sujets. 

Utilisez la méthode DESC avec vos enfants

Et maintenant, je vais vous donner une technique pour exprimer ce que vous voulez de façon à faire mouche à tous les coups. C’est une technique à utiliser avec vos enfants, bien sûr, mais dans votre vie de tous les jours, avec vos proches, avec votre conjoint ou votre conjointe, avec vos collègues de bureau, votre hiérarchie, votre banquière ou votre banquier, que sais-je… 

C’est une technique qui s’appelle pompeusement DESC créée par Sharon A. et Gordon H . Bower dans leur livre Asserting yourself (1976).

Il y a 4 étapes :

1. Décrire objectivement les faits. 

Les faits sont des circonstances qui peuvent être objectivement prouvées, il n’y a pas de jugement. C’est ce qui peut être amené devant un tribunal. C’est « aujourd’hui, il y a du soleil » au contraire de « aujourd’hui, il fait beau » ou alors « aujourd’hui, il pleut » et pas « aujourd’hui, il fait un temps de chien ». Quand on dit qu’il fait beau ou qu’il fait un temps de chien, c’est un jugement et non un fait objectif.

2. Exprimer son ressenti, ses émotions, ses besoins

Très important ! C’est ce que vous ressentez, vous. Donc, quand vous l’exprimez, vous dites « je ». Si vous exprimez le besoin d’une autre personne, vous parlez d’elle : « elle a besoin de ». Il faut surtout exclure le « tu qui tue ». Vous savez, ce fameux « tu » accusateur. On va dire « j’ai besoin que la maison soit rangée, j’aime quand la maison est rangée, j’ai donc besoin que tu ranges tes chaussures » au lieu de « tu n’as pas rangé tes chaussures ».

3. Ouvrir aux solutions

Proposez plusieurs solutions, pas une seule. « Je trouve que les chaussures devraient être rangées dès qu’on rentre. Donc, je préfère que tu ranges tes chaussures tout de suite. Mais, elles peuvent aussi être rangées après le goûter ». Là, vous laissez la porte ouverte à une discussion, à un compromis. Peut-être que votre enfant ou la personne en face de vous va penser à une autre façon de faire, cette façon de faire ne va peut-être pas vous convenir, vous allez rebondir, bref c’est une négociation. Mais une négociation qui est basée sur des faits objectifs et un besoin exprimé clairement. Les propositions vont donc être alignées avec ça. Ça va peut-être finir par être quelque chose qui est loin de ce que vous avez proposé initialement. Dans votre vie d’adulte, si vous utilisez cette technique avec des adultes, ils vont peut-être exprimer des besoins ou des émotions contradictoires. La négociation va donc prendre un autre tour. Vous allez essayer de trouver une solution qui prend en compte les deux besoins. Mais avec les enfants, c’est plus rare. 

4. Prévenir des conséquences en cas de changement

Dans cette étape-là, vous allez envisager la situation dans laquelle, malgré la solution trouvée, elle ne se réalise pas. Donc dans le cas des chaussures, vous avez convenu que votre enfant devrait ranger ses chaussures après le goûter. Il ne le fait pas, que se passe-t-il ? 

Dans votre vie d’adulte, la solution trouvée est finalement impossible à mettre en oeuvre, que se passe-t-il ? 

Alors pour les enfants, la conséquence à laquelle on pense de façon automatique est la punition. Ce n’est pas la solution que je préconise. Je ferai un épisode dédié aux punitions.

Ou, on peut, de façon plus constructive, essayer de comprendre pourquoi ça n’a pas fonctionné et essayer de trouver une autre solution. 

Donc si je reprends l’exemple que j’ai développé tout à l’heure sur les garçons qui faisaient un peu trop de bruit et qui perturbaient la sieste de ma fille, si j’avais voulu faire mouche, j’aurais dû les arrêter, me mettre accroupie et leur expliquer calmement « les garçons, je sais que vous adorez jouer et que vous êtes contents de vous retrouver mais du coup vous faites beaucoup de bruit. Et Maëlle dort en haut donc elle a besoin que vous fassiez moins de bruit. Peut-être que vous pouvez aller jouer dans telle pièce ou dehors ou changez de jeu, faites un jeu de société par exemple. Sinon, elle va se réveiller, manquer de sommeil et ce sera difficile pour elle, tout le monde va passer une mauvaise après-midi. On ne va pas pouvoir aller au parc comme on voudrait ». Bon, le lien entre le fait de ne pas pouvoir aller au parc parce que la petite n’a pas fait sa sieste n’est pas forcément évident. Je brode un peu pour l’exemple. Mais, enfin, là, ils m’auraient écoutée. 

Pour résumer, pour parler à ses enfants :

  1. Il faut être calme, se mettre à hauteur de l’enfant, faire attention aux mots que l’on emploie (pas de langage familier, pas de grossièretés). 
  2. L’enfant a toujours une oreille qui traîne donc faites attention aux sujets que vous abordez. 
  3. Utiliser la technique DESC (qui fonctionne avec tout le monde, pas qu’avec les enfants) : D = décrire objectivement les faits, E = exprimer son ressenti, ses émotions, ses besoins, S = ouvrir aux solutions et enfin C = prévenir les conséquences en cas de changement. 

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