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Episode 37 – S’adapter aux changements de son enfant

Pourquoi un épisode sur ce sujet ? Eh bien parce que les enfants changent en permanence ! Le monde change en permanence, les adultes aussi d’ailleurs. C’est illusoire de croire que les choses sont établies, qu’elles vont toujours être comme ça. Ce n’est pas vrai ! Tout change, tout évolue et heureusement d’ailleurs ! L’être humain, de façon générale, n’est pas pour rester à la même place tout le temps. Je parle à très grande échelle. Il suffit de voir l’évolution du monde depuis les 20 derniers siècles ! Il s’en est passé des choses ! On n’a plus du tout la même vie qu’avant, mais avant quand ? Parce que ce que je dis est vrai entre l’antiquité, le moyen-âge, le 19ème siècle. Bref, je m’arrête là, je ne suis pas du tout calée en histoire… Mais tout ça pour dire, vous l’aurez compris, que l’être humain est en perpétuel changement. Et pour les enfants, on s’en rend compte plus facilement car les choses vont sûrement un peu plus vite. 

En effet, il y a une telle différence entre le nourrisson, l’enfant de 2 ans, de 7 ans, de 10 ans, de 14 ans ou de 18 ans ! 

Et donc, nous ne sommes pas les mêmes parents lorsque nous avons un enfant de 14 ans ou de 2 ans. Alors là, je prends un grand écart d’âge et la différence est évidente mais notez que nous ne sommes pas non plus les mêmes parents avec un enfant de 5 ans qu’avec un enfant de 7 ans. Et l’enfant n’est pas le même non plus. Il n’a pas la même autonomie, les mêmes capacités physiques et intellectuelles, les mêmes envies, les mêmes préoccupations, etc, etc.

Et ce qu’il faut, nous parents, c’est s’adapter constamment à tous ces changements. 

Vous ne pouvez pas interdire et autoriser les mêmes choses à 5 ans, 6 ans, 7 ans, 8 ans ou 15 ans ! Et là, je parle de règles, de cadre. 

Si, à 8 ans, vous avez les mêmes règles qu’à 5 ans, ça peut créer des tensions et des frustrations. On entend souvent dire aussi, sur un ton des plus déplaisants, que tel parent ne veut pas voir grandir son enfant. 

Si on enlève le côté jugeant de cette remarque, je dirais plutôt que certains parents ne voient pas que leur enfant grandit. Et donc ne s’adaptent pas à l’enfant qu’ils ont devant eux. 

Mais, c’est tout à fait compréhensible. Ça va tellement vite. Il faut suivre hein ! Et c’est difficile à suivre ! 

Tout à coup, on se réveille et notre enfant a son permis ! Ou le bac ! Bon j’exagère mais à peine. 

Je pense que quand on est parent, s’adapter à son enfant est sûrement la chose la plus difficile à faire parce que c’est une nécessité permanente. On ne peut pas se dire, là ça y est, c’est bon, il va rester comme ça. Alors si, on peut se le dire mais seulement pendant quelques mois et seulement sur un sujet précis parce que les enfants évoluent constamment sur différentes choses à la fois. Et si c’est si difficile pour les parents de faire ça, c’est que dans notre vie, en dehors de nos enfants, nous ne sommes jamais confrontés à la même évolution constante et rapide. 

Si on ne s’adapte pas à notre enfant…

Eh bien, ça peut créer de la frustration pour lui, un manque d’autonomie, un petit retard d’évolution, je dis petit car l’évolution, les changements chez un enfant  sont plus forts que notre volonté. Tout cela est créateur de tension, n’est-ce pas ? 

Pourquoi des tensions, eh bien quand vous lui interdisez des choses que des parents d’autres enfants autorisent pour leurs enfants, votre enfant va se sentir diminué, frustré de façon injuste et injustifiée. 

Et, si j’en reviens aux règles, il peut y avoir des tensions si les règles ne changent pas, ne s’adaptent pas parce que ses besoins évoluent et les règles devraient s’adapter aux besoins présents des enfants.

J’ai un exemple en tête, qui est assez révélateur de l’évolution des enfants, ce sont les écrans. 

Un nourrisson n’a pas besoin d’écran. Un enfant de trois ans a une consommation d’écran assez faible, surtout si c’est l’aîné. Un enfant de 7 ans a une consommation plus importante, un enfant de 10 ans, encore plus importante et ça ne fait qu’augmenter. Les écrans changent également. Au début, c’est peut-être seulement la télé, des dessins animés courts, puis des films, peut-être une console, puis un téléphone et une tablette. Vous vous rendez bien compte que si vous appliquez la règle pour un enfant de 3 ans, qui est peut-être, par exemple, une demi-heure devant la télé le samedi et le dimanche, à un enfant de 10 ans, ça peut être compliqué. 

Il y a tout un débat autour de la consommation d’écran des enfants ET des parents, que je ne vais pas faire ici mais qui fait l’objet de l’épisode 16 du podcast, consacré aux écrans. 

C’était juste pour vous donner un exemple de règles qui doivent évoluer

Je pense que les règles de la maison, dont je vous parle dans l’épisode 8 « le cadre », devraient être revues, tous les 6 mois au moins pour qu’elles soient toujours adaptées à votre enfant. Et quitte à ce que certaines règles ne changent pas !  Parce qu’elles sont toujours d’actualité ou parce qu’il y a des règles comme les règles d’hygiène par exemple, qui ne changeront jamais. Il faudra toujours se laver les dents, les mains, le corps…

Mais, oui, chers parents, il faut sans cesse s’adapter à son enfant qui change, qui évolue, sans cesse… Et c’est fatigant et difficile. 

Si on ne reconnait plus notre enfant ?

Il peut y avoir des moments où on regrette le temps passé. On se dit que les choses étaient plus simples avant, quand nos enfants avaient tel âge. En général, on se dit ça quand ils sont ados… 

Il se peut qu’on se dise ça car on ne reconnait plus notre enfant, on trouve qu’il est parti dans une mauvaise direction ou en tout cas dans une direction qui ne nous convient pas. 

On peut avoir du mal à communiquer, de plus en plus de mal à mesure que l’enfant grandit et on peut se demander ce qu’on a fait pour mériter ça. 

Si c’est votre cas, je vous propose un exercice. Une petite visualisation. Je me rends compte que je n’ai jamais vraiment parlé de visualisation. C’est pourtant un exercice très très puissant que l’on peut pratiquer à tout âge. 

Donc, comme avant toute visualisation, on se détend. On s’assoit confortablement. On peut fermer les yeux et prendre quelques grandes inspirations et expirations. On fait le vide dans notre tête pour se mettre en disponibilité pour la visualisation. 

Imaginez-vous en voiture, vous conduisez. Votre enfant est à l’arrière de la voiture et vous pouvez le voir dans votre rétroviseur. Vous le regardez (vous ne conduisez pas vraiment donc vous pouvez regarder longtemps dans le rétro, ou, pour les plus cartésiens, disons que vous êtes dans un gros bouchon, donc à l’arrêt). Vous regardez votre enfant. Tel qu’il est aujourd’hui. Puis, vous l’imaginez il y a quelques années, puis, encore quelques années de plus. Vous remontez aussi loin que vous souhaitez, aux intervalles que vous souhaitez. Et à chaque étape, essayez de vous reconnecter à votre enfant. Qu’est-ce que vous appréciez chez lui ? Quelle est votre relation ? Où est-ce qu’il en est, lui ? Où en étiez-vous, vous ? Où en était la famille de façon plus large ? Autant de questions, autant de connexions que nécessaires. 

Comment vous sentez-vous maintenant ? Votre enfant aujourd’hui est-il si différent de ce qu’il était quelques années plus tôt ? 

Cet exercice vous permettra de renouer avec votre enfant, de trouver des connexions que vous avez peut-être perdues. 

L’impact des différences entre générations

Je vous propose un autre exercice, enfin, ce n’est pas vraiment un exercice… Quand l’enfant grandit, il peut y avoir des différences de générations qui sont créatrices d’incompréhension et de tension. 

Je vous rappelle les différentes générations qui sont à prendre avec prudence, parce que définir une personnalité en fonction de son année de naissance me paraît beaucoup beaucoup trop restrictif. Il y a aussi des divergences entre les définitions des générations, donc je les donne, vraiment, seulement à titre indicatif. 

  • Génération X : entre la fin des années 60 et le début des années 70
  • génération Y entre le début des années 70 et le début des années 90
  • Génération Z entre les années 90 et les années 2010
  • Et la suite n’est pas encore définie. 

Ces différences font que vous ne vous retrouvez plus, vous ne trouvez pas de terrain d’entente avec votre enfant. Le monde était tellement différent quand vous aviez son âge… 

Pour pallier ça, je vous conseille de proposer à votre enfant de faire une activité typique de sa génération avec lui et que lui vous accompagne dans une activité typique de votre génération. Pendant ces échanges, vous pourrez essayer de comprendre ce qu’il aime dans l’activité qu’il va vous proposer et pour vous, ce sera l’occasion de lui parler un peu de votre enfance, de ce que vous faisiez quand vous aviez son âge, de comment était le monde, la société. 

Faites ça, surtout, en mettant de côté tout jugement que vous pourriez avoir, toute comparaison qualitative… Par exemple, bannissez les « c’était mieux avant », « c’était plus simple », tous les « c’était plus ou c’était moins », les « moi, je devais faire ça hein » insinuant le fait que votre enfance était plus difficile que la sienne. En revanche, vous pouvez énoncer des faits en disant « c’était comme ça », « on devait faire ça ». 

Alors, si vos enfants sont ados, c’est très très utile, je pense. Le problème, c’est qu’il me semble que c’est un poil trop tard. Parce que ce n’est pas une fois que la communication est rompue que vous pourriez faire quelque chose facilement en tout cas. Mais, si vous m’écoutez, vos enfants ne sont probablement pas encore ados. Alors, je vous conseille d’instaurer ça, dès que vos enfants ont… 5 ans, je dirais. De façon régulière, parlez-leur de votre enfance et montrez-leur ce que vous faisiez. 

Ça va vous permettre de créer un lien avec vos enfants, qu’ils s’intéressent à vous, parce que vous avez des choses intéressantes à dire… 

C’est le moment du récap : 

  • vos enfants changent tout le temps ! En permanence ! Comme tout le monde d’ailleurs, mais ça va sûrement un peu plus vite pour les enfants. 
  • Face à cette évolution permanente, il est indispensable de s’adapter. De prendre conscience de cette évolution et de l’accompagner plutôt que d’y résister. Sinon, c’est créateur de tension à la maison. 
  • Mais, c’est très difficile. C’est très difficile parce que nous, adultes, nous ne sommes jamais confrontés à une évolution aussi rapide ! Donc, soyez indulgent.e envers vous.
  • Lorsque vous êtes en rupture avec votre enfant, lorsque vous ne le reconnaissez plus, vous pouvez faire l’exercice du rétro. Vous vous imaginez dans une voiture en train de regarder derrière vous, dans le rétro, donc dans le passé, votre enfant à tel ou tel âge pour essayer de trouver une connexion avec lui. 
  • Une autre de mes recommandations est de partager une activité de la génération de votre enfant puis une activité de la vôtre. Commencez à faire ça dès que votre enfant a 5 ans. 
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