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Episode 10 – Garder de vue l’essentiel

Quel est l’essentiel dans votre vie ? Et est-ce que cet essentiel passe en premier ? 

C’est une façon de s’interroger soi-même dans notre vie pour, peut-être, recentrer notre attention sur ce qui la mérite d’après nous. Mais, c’est aussi utile en tant que parent afin de ne pas en demander trop à nos enfants, de ne pas leur mettre une pression disproportionnée et de ne pas vouloir en faire des enfants parfaits. Je vous renvoie à l’épisode 6 de la boîte à outils des parents dans lequel j’aborde le thème du parent parfait

Lorsqu’on parle d’essentiel, on aborde forcément la question du temps. Le temps consacré à cet essentiel versus le temps consacré aux choses non essentielles. 

Le conte des gros cailloux

Un grand classique en développement personnel lorsqu’on parle d’essentiel, c’est l’histoire des gros cailloux. C’est un conte anonyme que tous les auteurs ont repris (enfin pas tous, j’exagère) mais beaucoup et dès qu’on a une formation sur la gestion du temps en entreprise, on nous sort ce conte. Personnellement, je n’en suis pas une grande fan, parce que je n’aime pas trop l’image mais peut-être qu’elle résonnera mieux en vous qu’en moi. Mais, surtout, je vous transmets ce conte car je reconnais son utilité. 

Alors voilà le conte : nous avons à notre disposition un grand vase, une petite dizaine de gros cailloux, des graviers, du sable et un verre d’eau. Dans ce grand vase, il va falloir tout mettre : les gros cailloux, les graviers, le sable et l’eau. Par quoi doit-on commencer pour que le vase puisse tout contenir ? Si on commence par l’eau, le sable, les graviers, on ne pourra pas mettre les gros cailloux. Il n’y aura plus de place. 

Il faut donc commencer par mettre les gros cailloux, puis les graviers, le sable et enfin l’eau. 

Et qu’est-ce que représentent les gros cailloux ? Je sens que vous me voyez venir ! Les gros cailloux sont notre essentiel. Selon les personnes, ça peut être notre santé, notre famille, à commencer par nos enfants si on en a, nous-mêmes, les loisirs que l’on peut avoir, les rêves que l’on peut avoir… Bref, c’est ce qui nous motive dans la vie, ce qui nous fait avancer, ce qui nous rend heureux.se. 

Ensuite, les graviers représentent les choses qui sont moins importantes pour nous telles que les personnes qui sont moins proches de nous, le travail (s’il n’est pas déjà un gros caillou), les loisirs qui nous tiennent un peu moins à coeur… 

Le sable représente ce qui est encore moins important à nos yeux et l’eau encore moins. D’autant que l’eau, c’est aussi pour moi quelque chose d’éphémère, qui glisse entre nos doigts. 

Donc quels sont vos gros cailloux ? Votre essentiel ? Je vous conseille de vous poser au calme et de lister les gros cailloux, les graviers et le sable. L’eau sera, à mon avis plus difficile à définir quoique, si vous y arrivez, c’est très bien. Et ensuite, vous vous demandez quel est le temps consacré à chacun. Vous me voyez venir là aussi : si le temps consacré est plus important pour le sable ou les graviers que pour les gros cailloux, vous pourrez recentrer car il est préférable, pour notre équilibre personnel et notre épanouissement de consacrer le plus de temps aux gros cailloux, à notre essentiel, plutôt qu’aux autres choses qui sont moins importantes pour nous. 

Priorités aux priorités

C’est un outil développé par Stephen R. Covey. Il a écrit beaucoup d’ouvrages de développement personnel et il a notamment écrit « les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent ». Alors, je trouve que le livre est un peu long à mon goût, il aurait pu faire des raccourcis, mais au moins, c’est la preuve que c’est quelqu’un de passionné qui connait très bien son sujet. La troisième habitude qu’il décrit s’intitule « donner la priorité aux priorités ». Il a d’ailleurs consacré un ouvrage, que je n’ai pas lu, un ouvrage entier à cette habitude, le livre s’appelle « priorité aux priorités ». Dans cette troisième habitude, des sept pour réaliser tout ce que vous entreprenez, il propose un tableau qui représente la façon dont on utilise notre temps. Il y a les choses urgentes et non urgentes et les choses importantes et non importantes. Donc vous imaginez un tableau avec les lignes urgent/non urgent et les colonnes important/non important. Il y a quatre cases dans ce tableau : 

  • Case 1 : les choses urgentes importantes : les crises, les problèmes pressants, les projets soumis avec échéance.
  • Case 2 : les choses urgentes non importantes : interruptions, appels téléphoniques, courriers, diverses questions à régler rapidement, diverses activités gratifiantes.
  • Case 3 : les choses non urgentes importantes : approfondissement des relations, la recherche de nouvelles opportunités, la planification, la détente.
  • Case 4 : les choses non urgentes et non importantes : activités futiles, certains appels téléphoniques « gaspille-temps », passe-temps agréable. 

UrgentNon urgent
ImportantCase 1 Y consacrer du temps selon le besoinCase 3 Y consacrer le plus de temps possible
Non importantCase 2 Y consacrer le moins de temps possibleCase 4 Y consacrer le moins de temps possible

Nous consacrons le plus de temps, de façon générale, à la première case, c’est-à-dire à l’urgent et l’important. Ce qui parait le plus logique. On a devant nous un problème urgent et important. Par exemple, notre enfant a besoin d’aller aux toilettes. Il en a besoin maintenant, c’est urgent, et c’est important sinon il va se faire pipi dessus. Mais on a tendance à mettre de plus en plus de choses dans ce cadre, si bien que la notion d’urgent et d’important est de plus en plus floue. C’est très consommateur de temps et d’énergie ce qui induit du stress et de l’épuisement. 

Pour s’en défaire, d’après Stephen Covey, on passe directement à la case 4 c’est-à-dire au non urgent et non important. Ce cadre regroupe des activités futiles mais gratifiantes comme scroller sur instagram ou regarder toute la soirée des séries sur Netflix. Encore une fois, je ne vous juge pas. Il n’y a aucun problème à faire ça, preuve en est : je le fais aussi…

Si on consacre du temps à la deuxième case c’est-à-dire aux choses urgentes non importantes, c’est qu’on croit que ces choses sont importantes. Elles sont urgentes ça oui, mais sont-elles importantes ? Non, car, en réalité, elles sont importantes pour d’autres personnes, mais pas pour soi. Nous risquons donc d’avoir l’impression d’être une victime impuissante. Pourquoi consacrerait-on du temps à ce qui est urgent mais pas important ? On devrait tout simplement rayer ces activités de la liste. 

Ce que Stephen Covey préconise est de consacrer le plus de temps à la 3ème case. Ce sont les activités importantes et non urgentes qui vont nous faire nous élever, progresser, aller là où on veut aller. 

Alors, ce n’est pas toujours évident. Surtout dans le monde professionnel, je trouve. On se fait facilement envahir par les cases 1 et 2. 

Donc comment faire pour consacrer plus de temps aux activités de la case 3 ? 

Il faut piquer du temps aux cases 2 et 4. On ne peut ignorer les activités de la case 1.

Comment prioriser nos activités dans notre parentalité ?

J’en reviens à mes moutons et je vous parle de parentalité. Vous faites sûrement beaucoup de choses pour vos enfants et toutes ces choses peuvent être classées dans ce tableau. 

Je vais prendre plusieurs exemples dans chaque case. 

La case 1, l’urgent et l’important : l’envie pressante, la préparation du repas quand il est 19h, se préparer pour aller à l’école à l’heure, ou aller dans n’importe quel endroit d’ailleurs, se laver les mains avant un repas, le soin des bobos plus ou moins gros, les demandes insistantes de vos enfants qui si vous n’y répondez pas risquent de partir en crise…

La case 3, le non urgent mais important : partager un moment avec votre enfant autour d’un jeu de société, d’un jouet, une discussion que vous pouvez avoir avec lui sur ce qu’il a fait à l’école… 

La case 2, l’urgent non important : une demande insistante et pressante de votre enfant pour quelque chose qui va se passer dans plusieurs jours.

Et la case 4 : une après-midi ou une soirée devant la télé.

Je donne des exemples qui pourraient être classés, selon les personnes, dans des cadres différents de ce que je propose. C’est tout à fait possible. Je ne fais absolument aucun jugement. Peut-être que vous penserez qu’être à l’heure à l’école est urgent par nature mais pas important et vous le classerez dans la case 2 au lieu de la 1 comme je vous le propose. Vous faites absolument ce que vous voulez. Il faut que ça vous corresponde. 

Si vous faites cet exercice, et je vous encourage vivement à le faire, vous allez vous rendre compte du temps que vous passez sur des choses, des activités qui n’en valent pas la peine. Vous allez également vous rendre compte que lorsque vous demandez quelque chose à votre enfant, finalement, ce n’est ni important, ni urgent et vous pourrez laisser tomber. 

Par exemple, vous allez peut-être vous rendre compte que mettre le linge sale au sale est important mais n’est pas urgent. Donc si votre enfant n’est pas disposé à mettre son linge sale au sale immédiatement, ce n’est peut-être pas la peine d’investir trop de temps et d’énergie à la réalisation de cette demande. Bon bien sûr, si l’enfant n’a plus rien à se mettre et qu’il y a une pile énorme de linge sale au milieu de la chambre ou alors que vous vous apprêtez à lancer une lessive maintenant, le caractère d’urgence peut revenir. 

C’est forcément circonstanciel. Et c’est forcément personnel également. Ce qui va me paraitre urgent et important ne va peut-être pas vous paraitre urgent et important. Il n’y a qu’à regarder la liste des exemples que je vous ai donnée. Je suis sûre qu’il y en a au moins un que vous auriez classé ailleurs. 

Tout ça pour dire que si vous avez l’impression d’être débordé.e, épuisé.e, d’avoir une charge mentale trop importante, de n’avoir jamais le temps de faire, je vous conseille de réfléchir un peu à quels sont vos gros cailloux et qu’est-ce qui est, pour vous, important et non urgent. 

Ça va vous permettre de redéfinir vos priorités et l’utilisation de votre temps. 

Et par rapport à vos enfants, vous allez peut-être pouvoir mieux choisir vos combats. En vous focalisant sur l’essentiel, c’est-à-dire l’important, qu’il soit urgent ou non d’ailleurs. Est-ce que l’important c’est qu’il dorme le plus rapidement possible pour qu’il puisse recharger les batteries et nous ficher la paix de façon à ce qu’on ait une soirée tranquille, même si ça signifie s’endormir dans le lit des parents ? Ou est-ce que s’endormir dans son lit est plus important ? 

C’est un exemple personnel et j’ai choisi la première solution : c’est ok de s’endormir dans le lit des parents du moment qu’il dort le plus vite possible. De cette façon, mon enfant recharge un peu plus ses batteries, et nous, parents, pouvons enfin être tranquilles !

Qu’est-ce que l’essentiel ? Qu’est-ce qui compte vraiment, selon vous ? 

Inculquer ça à vos enfants est, je pense, un beau cadeau à leur faire car vous allez avoir des enfants plus détendus, moins stressés pour un rien. C’est l’un des ingrédients de la recette de l’enfant épanoui. 

Un bref rappel des points importants de cet épisode : 

  • Listez vos gros cailloux, vos graviers, votre sable et votre eau et le temps que vous consacrez à chacun. Le but étant de consacrer plus de temps aux gros cailloux qu’aux autres éléments. 
  • Un autre outil est celui développé par Stephen Covey avec le tableau : deux lignes important, non important et deux colonnes urgent, non urgent
  • Vous ne pouvez pas ignorer les actions qui entrent dans la première case, c’est-à-dire les choses importantes et urgentes. Mais, progressivement, il faut arriver à réduire le temps consacré aux cases de droite, c’est-à-dire celles qui sont non importantes pour se garder le maximum de temps pour la case 3 qui est le non urgent mais important. Les activités que l’on met dans cette case sont celles qui ont le plus de sens pour nous, grâce auxquelles on va le plus s’élever et trouver un équilibre et qui incarne notre vision. 
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