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Episode 14 – Le regard des autres

Repas de famille. Votre enfant est tout petit. Il n’y a autour de vous que des personnes qui ont eu des enfants ou qui ne sont pas encore en âge d’en avoir. Vous êtes donc un parent débutant entouré de parents ou grands-parents accomplis ou en tout cas dont la légitimité n’est pas questionnée. Votre enfant se met à faire quelque chose, à pleurer par exemple, tout petit, ils ne savent pas faire grand chose d’autre. Vous vous levez pour le prendre dans vos bras, et l’une des personnes qui vous entoure dit « ah non, tu ne devrais pas faire ça ». 

Vous faites les courses. Vous êtes fatigué.e. Votre enfant ou vos enfants sont insupportables, ils courent dans les rayons, manquent de se faire renverser par des caddies ou se mettent à hurler parce qu’ils veulent que vous leur achetiez ce paquet de gâteau ou de bonbons ou ce jouet. 

Vous déposez votre enfant à l’école ou à la crèche, en tout cas, dans un lieu de garde en collectivité ou même chez une assistante maternelle qui est toute seule. Et là, votre enfant ne veut pas se séparer de vous. Il pleure, il hurle, il s’accroche à vous. Et vous, vous culpabilisez atrocement mais il faut que vous alliez au travail ou n’importe où vous devez aller. 

Bref, rien qu’en énonçant ces exemples, j’ai une sorte de malaise qui s’empare de moi car j’ai en tête tout ce que ces situations ont d’inconfortables. 

Dans ces situations, vous pouvez perdre vos moyens, avoir une baisse en piqué de confiance en vous, une montée en flèche de doute. Vous ne savez pas comment réagir face à votre enfant, face aux autres… 

Vous sentez des regards désapprobateurs sur vous, vous entendez les pensées que les personnes autour de vous pourraient avoir. Comme : « dis donc, il/elle ne sait vraiment pas s’occuper de ses enfants, c’est un.e mauvais.e père/mère. De mon temps, ça ne se passait pas comme ça ! ». 

J’ai d’ailleurs eu une fois, une situation où on était dans une queue donc il fallait attendre. Mes enfants s’impatientaient et ils jouaient ensemble. Ils étaient petits et ils se chamaillaient un peu. Mais je les avais à l’oeil, je sais comment ils jouent ensemble. Parfois, c’est vrai qu’ils testent à se faire un peu mal, gentiment, et je les laissais faire. Et la dame qui était derrière moi dans la queue a crié sur eux (moi, j’évite au maximum de leur crier dessus) en leur disant d’une voix forte « non, on fait pas ça, ça va bientôt être à vous ». 

Et je me suis dit que cette dame-là devait s’être sentie obligée d’intervenir parce que, visiblement, elle ne me croyait pas capable de le faire. J’ai décidé de l’ignorer plutôt que de rentrer dans un débat stérile et j’ai fait signe à mes enfants de faire pareil et de continuer à s’amuser. 

Bref, vous avez probablement envie de disparaitre dans un trou de souris. Et vous pensez que n’importe quelle réaction que vous pourriez avoir serait, de la même manière, malvenue. Si vous cédez, si vous tenez bon, si vous vous énervez… Vous ne voyez aucune solution qui vous parait adéquate. Peu importe ce que vous allez faire, vous allez vous dire que les autres pensent : « ah bah voilà, elle/il lui donne ce que l’enfant veut. Il hurle et il obtient tout ce qu’il veut… » ou « il/elle ne sait pas tenir ses enfants sans les menacer, sans crier » ou « il/elle ne sait pas faire avec ses enfants, il/elle ferait mieux de ne pas en avoir ». 

Quelle est la solution quand le regard des autres pèse sur nous ? 

La première chose à faire est d’ignorer ces regards brûlants ou ces remarques acerbes. Vous les envoyez se faire voir. Alors pas au sens propre parce que vous n’allez pas invectiver les autres clients du supermarché mais vous pouvez penser en vous-même « allez vous faire voir ! C’est moi son parent, oui, mon enfant n’est pas parfait et oui, je ne suis pas parfait.e ». Je vous renvoie à l’épisode 6 de la boîte à outils des parents sur le parent parfait

Qu’est-ce que savent des inconnus ou des personnes de votre entourage sur la façon dont vos enfants fonctionnent, sur la relation que vous avez avec eux, sur la façon dont vous voulez les élever, sur ce que vous avez envie de faire avec eux… Rien, ils n’en savent rien ! Le seul avis qui compte c’est le vôtre. Alors bien sûr, vous pouvez demander des conseils à vos proches mais si vous n’avez pas envie de les suivre, ne les suivez pas. Vous êtes la meilleure personne à savoir ce dont vos enfants ont besoin. 


Moi, quand ce genre de situation m’arrive, je souris aux gens. Et vous savez quoi, ils me répondent par un sourire. J’étais la première étonnée. Et au lieu de me dire qu’ils se fichent de moi, je me dis qu’ils compatissent parce que qui me dira que la vie de parent est toujours facile, qui me dira qu’être parent est un long fleuve tranquille, qui me dira que la vie en général n’est pas pavée d’embûches ? 

Personne ! 

Et quand ce sont des gens que je connais, je peux lancer un « de quoi je me mêle » amical (car l’idée n’est pas non plus de sauter à la gorge) ou dire « non moi, je préfère faire comme ça » et si le sujet revient plus tard du genre « ah je te l’avais bien dit qu’il ne fallait pas que l’enfant dorme dans le lit des parents », je dis calmement « écoute, moi, je décide de faire comme ça, toi, tu as eu ta chance avec tes enfants, laisse-moi faire comme je veux » et par là, on ne dit pas non plus qu’on a choisi la situation idéale, et qu’on est un parent parfait, on dit juste qu’on a trouvé que cette solution était la meilleure solution pour nous au moment où la situation est arrivée. 

Quand c’est la dame dans la queue dont je vous parlais plus tôt, on peut lui dire « je préfère que vous me laissiez intervenir » et si elle dit « oui mais là, il lui faisait mal », vous pouvez insister en disant « même, je préfère que vous me laissiez intervenir ». Chose qu’on ne dira pas s’il y a une réelle situation de danger immédiat mais enfin, dans la plupart des cas, ce n’est pas le cas. 

En bref, on s’affirme en tant que parent.   

Ne perdez pas non plus à l’esprit qu’en général, ces personnes, celles qui nous font des remarques ou nous donnent des conseils, le font de bonne foi. Elles croient que ça nous aide, elles croient que c’est la chose à faire. 

Sauf que c’est l’effet inverse qui se produit. 

Alors, moi, quand je donne des conseils à quelqu’un qui n’en a pas demandés, je le fais dans la suggestion, je suggère quelque chose. Je vais dire « tu crois pas que tu pourrais essayer progressivement de le faire dormir dans son lit, en commençant par la sieste par exemple.  Tu peux t’allonger à côté de lui et après tu pars. Comme ça, il va s’habituer progressivement à son lit ». Ou, « alors moi, avec mon fils j’ai fait ça, ça avait bien marché, tu pourrais peut-être essayer ». Et lorsque je dis ces conseils, je le fais vraiment dans une idée d’aider la personne à qui je le fais et surtout, je lui laisse le choix, complètement libre, de suivre mon conseil ou pas. Parce que c’est comme ça que les conseils devraient être donnés. Les conseils devraient permettre à la personne qui les reçoit de lui donner des idées pour qu’elle réfléchisse par elle-même et qu’elle trouve la solution qui lui convient.

Comment réagir lorsqu’on vous critique ?

Avant de clore cet épisode, je voudrais donc vous rappeler la marche à suivre lorsqu’on vous fait une remarque désobligeante ou qu’on vous regarde avec un air réprobateur, ignorez-le, pensez « non mais de quoi je me mêle ! » et gérer la situation comme vous avez envie de la gérer vous. Si vous avez envie de céder à votre enfant lorsqu’il fait une crise parce qu’il veut un paquet de bonbons, cédez. Si vous en avez envie, je ne vois vraiment pas où est le problème. Si ça ne vous convient pas mais que vous trouvez que c’est la seule chose à faire, il faut régler ça. Mais si vous avez envie, je ne vois vraiment pas le problème. Ignorez ceux qui pensent qu’on doit frustrer les enfants juste parce que ce serait bon pour eux, ou je ne sais quelle autre raison fumeuse. 

Si vous êtes serein.e sur la façon dont vous vous comportez avec vos enfants, les critiques ne peuvent pas vous atteindre ! Être serein.e ne veut pas dire être parfait.e, faire la bonne chose au bon moment. Être serein.e, c’est être en alignement avec soi-même avec l’éducation que l’on veut donner à nos enfants. 

Si vous ne croyez pas vraiment à la façon dont vous vous comportez, c’est plus compliqué de balayer les critiques d’un revers de main. Mais du coup, c’est l’occasion d’initier une réflexion globale sur ce qui nous convient ou pas en tant que parent. Une fois que vous aurez déterminé ça,  vous aurez la capacité de vous affirmer et les critiques glisseront sur vous. 

Surtout, gardez en tête que vous savez mieux que quiconque comment élever vos enfants. 

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