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Episode 8 – Le cadre

Quand vous entendez le mot « cadre », à quoi pensez-vous ? Au cadre dans lequel on met nos plus belles photos et que l’on accroche au mur ? Au statut d’un salarié ? Une armature ? 

Ça fonctionne aussi, mais le cadre dont je veux vous parler aujourd’hui est les règles que l’on impose ou pas aux enfants. Vous savez, on emploie souvent l’expression « il faut cadrer les enfants » ou « les recadrer ». Alors oui, mais on va voir ensemble comment.

Le cadre, dans cet épisode, est un ensemble de règles de fonctionnement de la famille, une définition des rôles et des tâches de chacun. Pour faire simple, le cadre, ce sont les règles du jeu de la famille. 

Je vais d’abord vous parler de l’absence de cadre. C’est une situation dans laquelle les enfants sont libres de faire absolument tout ce qu’ils veulent. Ils n’ont pas de limites, pas de contraintes, si ce n’est celles qu’ils se fixent eux-mêmes. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent, quand ils veulent autant qu’ils veulent. On peut nuancer en disant que parfois, le cadre n’est pas complètement absent mais pas très épais.  

Cette absence de cadre, ou ce cadre très fin, peut se voir comme créant un espace de liberté infini dans lequel les enfants vont plus s’épanouir. Ils vont découvrir plein de choses, suivre leurs envies, leur rythme etc. Mais, au contraire, l’absence de cadre et surtout le cadre très fin est très insécurisant pour les enfants. Les enfants vont s’habituer à avoir tout, tout de suite et sans limite. C’est le parfait moyen de faire des enfants rois. Quand je pense aux enfants rois, j’imagine des enfants avec des cornes et un sourire sadique aux lèvres. Mais non, les enfants rois sont des enfants qui ne supportent pas la frustration, les limites et avec qui il est très difficile de vivre ou de faire des activités car ils veulent mener la danse. Et c’est très difficile à vivre pour les parents, les maîtres et maîtresses ou les proches. 

Le cadre peut également être flou ou changeant, selon les personnes ou selon les humeurs d’une même personne : tantôt il y en a un, tantôt il n’y en a pas. Un jour, un enfant fait quelque chose, c’est autorisé, le parent n’intervient pas. L’enfant intègre que c’est autorisé, qu’il peut le faire. Donc, un autre jour, il recommence. Sauf que, cette fois, eh bien, ce n’est pas autorisé. Le parent va intervenir, peut-être gentiment ou peut-être en criant. Mais dans les deux cas, l’enfant ne va pas comprendre, il risque de se mettre en colère ou de pleurer. 

C’est également assez néfaste car les enfants ne savent pas anticiper ce que sera la réaction du parent. Ça favorise l’incompréhension, la frustration, les crises.

Et enfin, il peut y avoir un cadre trop serré ou trop épais, vous prenez la métaphore qui vous parle le plus. C’est tout aussi créateur de frustration car l’enfant n’a pas le droit d’expérimenter par lui-même, il ne peut pas marcher de l’autre côté de la ligne sinon, il est sanctionné et il y a beaucoup trop de lignes et de sanctions fortes. Ça fait des enfants qui n’osent pas, qui attendent sans arrêt la permission parentale et qui n’ont pas confiance en eux. Je pense que c’est cette configuration qui a eu cours dans le passé, l’éducation à l’ancienne. Les enfants devaient rester à leur place et ça faisait des adultes qui devaient également rester à leur place, qui donc, ne se donnaient pas la permission d’être eux-mêmes, d’oser et qui n’avaient pas confiance en eux. 

En vous parlant de ces trois cas de figures, j’ai trois images qui me viennent en tête. 

Celle de l’absence de cadre serait un grand espace comme un champ, qui est infini, avec personne d’autre que l’enfant et sans objet, sans clôture non plus. Et l’enfant y erre, un peu au hasard sans but, sans savoir ce qu’il fait là. 

La deuxième image, celle du cadre flou est celle du même champ immense, sans fin. Mais, il y a une barrière. Une barrière qui se déplace. Quand elle se déplace, j’imagine qu’elle clignote comme lorsqu’un objet apparait dans un jeu vidéo. Et, tantôt l’enfant se retrouve à l’intérieur, tantôt il est à l’extérieur. Il essaye de prévoir ses mouvements mais il n’y arrive pas car il n’y a aucune logique dans les déplacements que fait la barrière. Donc il est frustré, il se met en colère parce qu’il fait des efforts qui ne sont pas récompensés. 

Et enfin, la troisième image est celle du cadre trop serré. C’est un espace bien plus petit avec des panneaux ou des affiches d’interdit, de danger, des barrières, des signaux lumineux et l’enfant, dans cet espace, ne saurait pas où aller, ne saurait pas quoi faire si ce n’est rester assis par terre au milieu, à un endroit qu’il juge à peu près sûr. 

Le mieux, vous l’aurez compris est de n’avoir aucun des trois mais plutôt d’avoir un juste milieu. 

Comment fait-on pour poser un cadre équilibré, ni trop fin, ni trop épais et fixe ? 

Première étape : il faut baliser les dangers. C’est la moindre des choses et je pense que c’est instinctif chez tous les parents. Même dans les cas où il n’y a pas de cadre ou un cadre très fin, je pense que c’est en place. Si tu te penches, tu risques de tomber, il faut mettre sa ceinture de sécurité dans la voiture, ne touche pas l’eau qui bout… 

Deuxième étape : définir les rôles de chacun. Je précise que j’utilise ce terme de rôle, non pas comme une étiquette (je fais référence à l’épisode 7 « les étiquettes »), mais plutôt comme les tâches que chacun pourrait faire ou ne pas faire. Il y a des choses que les enfants sont autorisés à faire, ça dépend de l’âge de l’enfant d’ailleurs. On ne va pas autoriser un enfant de trois ans à aller à la boulangerie tout seul alors qu’un enfant de dix ans pourra le faire. Et il y a des choses que seuls les parents peuvent faire. 

Exemples : 

  • Tu peux m’aider à cuisiner mais c’est moi qui tient le couteau et c’est moi qui met le plat dans le four. 
  • Dans cette famille, on ne dit pas de gros mots et personne ne tape personne. 
  • Tu peux demander quelque chose à papa/maman mais on peut dire non et c’est nous qui décidons. 
  • Chacun range ses affaires : le linge sale au sale, les chaussures dans le placard et les jouets dans les tiroirs. 
  • Chacun débarrasse son assiette une fois le repas terminé. 

La troisième étape est de délimiter un espace de liberté. Il en faut absolument un pour ne pas brimer les enfants. C’est dans cet espace, qui est tout de même encadré notamment par la première étape (les dangers), que l’enfant va pouvoir expérimenter, oser, imaginer… 

Par exemple : de telle heure à telle heure, tu peux soit jouer avec tes figurines, soit dessiner, soit faire un puzzle, soit jouer avec ton frère ou ta soeur… 

On peut aussi baliser la journée. On se lève à 8 heures, on déjeune à midi, on dîne à 19 heures. De 13 heures à 14 heures, tu peux regarder la télé. De 14 heures à 15 heures, je peux jouer avec toi, ensuite tu joues tout seul. A 18h15, je prépare le repas qui sera prêt à 19 heures. Il faut que tu aies pris ta douche tout seul avant… Je viens de vous dévoiler mon organisation familiale. Quand je vous dis que tous les outils que je vous donne sont testés avant, c’en est la preuve !

Dès que les enfants sauront lire l’heure, ça leur donnera des repères qui sont indiscutables.

On peut écrire tout cela et l’afficher dans la maison de façon à ce qu’on puisse s’y repérer dès qu’on en a besoin. Un peu comme quand super nanny pose les nouvelles règles de la famille. 

Il se peut que vous rencontriez des difficultés à poser un cadre. 

Vous pouvez être en désaccord avec votre conjoint ou l’enfant peut trouver ces règles trop rigides ou trop péremptoires. Je vous conseille d’en discuter tous ensemble calmement. Ce sera l’occasion de discuter du fonctionnement global de la famille et lever les frustrations de chacun. 

Je vous renvoie au premier épisode de ce podcast « comment parler aux enfants ? » dans lequel je vous décris l’outil DESC qui permet d’écouter les besoins de chacun et de trouver des solutions en coopération. Parce que pour que le cadre soit respecté de façon générale, il faut qu’il convienne à tout le monde. A vous comme à vos enfants. 

Car une fois que le cadre est posé, il faut le suivre, il faut s’y tenir. Ce qu’on veut, c’est un cadre pas trop épais ni trop fin, d’une épaisseur normale, et fixe. 

Là, l’image que je vois est celle d’un champ, dans lequel il y a une barrière qui est toujours au même endroit, qui a une taille normale. Il y a un panneau indicatif sur lequel les règles à respecter sont écrites de telle sorte que l’enfant peut s’y référer quand il a un doute. Et, il y a une porte ou un portail, qui s’ouvre et qui se ferme selon les circonstances ou l’heure (selon ce que vous avez choisi). Et l’enfant sait quand il doit rester à l’intérieur et quand  il peut sortir, sachant qu’il n’a aucune obligation à sortir. 

Je vous invite donc à réfléchir de façon globale à ce sujet du cadre. 

Est-il trop strict ou au contraire inexistant ? Est-ce que les choses que vous demandez de faire à chacun sont sans arrêt remises en cause ? 

Vous pourrez ainsi repenser au cadre dans lequel vous voulez voir s’épanouir vos enfants. En discuter ensemble, l’écrire, l’afficher et l’appliquer. Il va sûrement falloir un peu de temps pour que chacun prenne de nouvelles habitudes mais ça va fonctionner. De cette façon, vous vivrez une parentalité plus harmonieuse. 

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