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Episode 9 – L’arrivée d’un nouvel enfant (ou d’un premier bébé)

Je vais vous parler de l’arrivée d’un enfant ou d’un nouvel enfant, c’est-à-dire d’un premier enfant dans la famille ou seulement pour l’un des deux parents ou d’un enfant de plus que ce soit un deuxième, un troisième, un quatrième voire plus pour celles et ceux qui sont très courageux.ses. 

Je vais d’abord évoquer l’arrivée d’un premier enfant. Puis, je vous parlerai plus particulièrement du cas où il y a déjà des enfants dans la famille. 

Je pense qu’en tant que parent, lorsque notre enfant arrive, il y a beaucoup de choses qui se passent en nous. C’est déjà le cas quand il est « en fabrication ». Mais, je pense que le ressenti principal que l’on a, est de se dire qu’on est maintenant responsable de ce petit être qu’on tient dans nos bras, contre nous et, on a beau avoir lu tout un tas d’ouvrages, demandé pleins de conseils à nos mères, nos soeurs, nos cousines, nos pères, nos frères, nos cousins, nos amis, on se sent un peu, voire beaucoup, perdu. Qu’est-ce qu’on doit faire avec ce petit être ? Concrètement. Parce que là, c’est à nous de jouer ! Nous sommes sa maman ou son papa ! On peut se sentir vite désemparé face à notre nouveau-né parce qu’on a tout à apprendre. Et on doit passer à l’action. 

La première chose, c’est d’apprendre à répondre à ses besoins primaires, à le maintenir en vie, si je peux dire. De quels soins a-t-il besoin, quelle nourriture, quel rythme… ? Ça, c’est la première chose qu’il faut apprendre à faire et on y arrive. Plus ou moins facilement, mais, on y arrive. 

Ensuite, ce sont des questions plus pointues : comment va-t-on l’élever ? Quelles valeurs va-t-on lui transmettre ? Que va-t-on faire pour qu’il devienne l’adulte bien dans ses baskets, heureux et armé pour la vie ? Si vous écoutez ce podcast, c’est une bonne chose car je vous donne beaucoup de clés pour cela dans la boîte à outils des parents. Toutes les clés que je vous donne peuvent énormément vous aider. 

Mais avant tout cela, avant de passer à l’action, surtout, surtout, on ressent, je crois pour la première fois de notre vie, l’amour inconditionnel. Et, avant de l’avoir expérimenté, eh bien, on ne sait pas ce que c’est. On le devine, d’autres nous expliquent mais on ne sait pas vraiment. Et maintenant, on sait. On ferait n’importe quoi pour ce petit être de chair qui pleure sûrement dans nos bras. 

Alors oui, la suite ne va pas forcément être toute rose, il va forcément y avoir des hauts et des bas mais ça, on verra après. Là, on accueille notre enfant, on apprend à se connaitre… La rencontre est MA-GIQUE. J’en ai des papillons dans le ventre rien que d’en parler. Et je suis sûre que si vous avez déjà des enfants, vous vous rappelez avec émotion cette rencontre. 

Alors je précise qu’elle n’intervient pas forcément juste après l’accouchement. Pour certaines femmes qui ont eu un accouchement difficile par exemple, ce n’est pas le moment. Cette rencontre intervient après mais il n’en demeure pas moins qu’elle intervient. 

Bref, j’avance un peu dans mon épisode… 

Cette rencontre est magique mais il faut bien se l’avouer, l’arrivée d’un enfant chamboule tout. Avant vous étiez deux, vous n’aviez à vous occuper que de vous et de votre conjoint, peut-être de votre chien ou de votre chat. Et maintenant, vous avez ce bébé qui va vous accaparer tout votre temps. Et même si vous vous êtes préparés pendant les neuf mois de la grossesse, vous vous prenez quand même une grosse claque dans la tête. 

Si c’est un nouvel enfant que vous accueillez, c’est un peu pareil, la surprise en moins car vous avez déjà fait tout ce qu’il fallait pour le premier. En tout cas, ça chamboule vos habitudes et vous ne reprendrez peut-être jamais les anciennes. 

La première chose à faire quand bébé rentre à la maison

Et vu que cet enfant chamboule toutes vos habitudes, vu que vous ne savez pas forcément bien comment vous en occuper, du moins au début, que les femmes ont des chutes hormonales dans tous les sens, une chose primordiale à faire est de baisser votre niveau d’exigence. Je le répète, tellement c’est important : une chose primordiale à faire est de baisser votre niveau d’exigence. Mais de le baisser, vraiment. Vous allez passer en mode survie et vous allez devoir faire des choix dans les choses que vous voulez faire et être. 

Pour ma part, je pense, et c’est ce que je vous conseille de faire, que la priorité est le bébé et la maman surtout si elle donne le sein au bébé mais même si elle choisit de ne pas donner le sein, la maman doit récupérer de l’accouchement et des neuf mois de grossesse qui ont pu être éprouvants. Par exemple, si la maman donne le sein, elle s’occupe du bébé et le coparent doit, dans les premiers mois, veiller aux besoins de la maman. J’ai pour ma part été dans des moments extrêmes où j’étais exténuée, je n’avais pas le temps de prendre ma douche, de manger, encore moins de dormir. Mon conjoint, tel Tarzan, veillait à ce que j’aie à manger et à me laisser le temps de me laver et de dormir quand il pouvait s’occuper du bébé. 

Mais ce n’est pas grave si la maison n’est pas bien rangée, pas bien bien propre, si vous mangez surtout des plats préparés ou à emporter. Ce n’est pas grave non plus si vous ne voulez voir personne. Vous avez totalement le droit ! Si un proche veut venir chez vous pour voir le bébé, ce qui part d’un bon sentiment initialement, mais que vous ne voulez pas le recevoir parce que la maison est dans un état lamentable, soit vous lui dites que ok, il peut venir mais la maison est sens dessus dessous (peut-être qu’il va vous prendre en pitié et vous aider à ranger ou à nettoyer et dans ce cas, acceptez sa pitié), soit vous lui dites non. Vous avez le droit de lui dire tout simplement non. Vous ne voulez pas qu’il vienne car vous êtes bien avec votre nouveau-né, parce que ce n’est pas le moment, parce que la maison est en bazar et ça vous gêne, ou toute autre raison. N’hésitez pas, si les gens vous aiment vraiment, ils ne le prendront pas mal. 

Gardez en tête que vous n’êtes pas superwoman ou superman et que vous n’allez pas pouvoir tout faire. Les célébrités qui ont retrouvé leur corps d’avant une semaine après l’accouchement, qui n’ont aucun cerne et qui dorment très bien parce qu’elles ne doivent pas choisir entre dormir ou se doucher, ça n’existe pas dans la vraie vie. Si vous êtes dans la vraie vie, et je crois que vous l’êtes, tout le monde galère. Tout le monde ! Certaines personnes plus que d’autres mais c’est parce qu’elles voient la vie de façon plus optimiste. Et ça tout le monde peut le faire. 

C’était le conseil principal que je voulais vous offrir : baisser votre niveau d’exigence.

S’il y a déjà un ou des enfants dans la fratrie

Pendant la grossesse d’abord.

Alors quand vous apprenez que vous êtes enceinte, et dans les premiers mois de grossesse, vous allez forcément en parler autour de vous, avec votre coparent, avec vos proches, votre ventre va s’arrondir… Tous ces signes vont alerter vos aînés. Même s’ils sont petits, ils vont bien comprendre qu’il y a quelque chose de différent. Peut-être que la maman qui est enceinte va se sentir fatiguée, va être malade… Tout cela, votre ou vos aînés vont le remarquer. 

Je comprends tout à fait que vous vouliez attendre la première écho pour l’annoncer à vos proches, y compris à vos aînés. Mais, je crois que dès que les aînés sentent qu’il y a quelque chose de différent, d’anormal, il faut leur dire. Il faut leur expliquer ce qui se passe. Sinon, ça va engendrer de l’insécurité chez eux. 

Lorsque vous l’annoncerez à vos enfants, il faut que ce soit une réunion familiale, c’est-à-dire la maman enceinte, son coparent et tous les enfants de la fratrie. Et vous utiliserez des mots adaptés à leur âge. S’ils sont petits, vous dites simplement qu’il y a un bébé dans le ventre de maman et qu’il va avoir un petit frère ou une petite soeur. 

Vous répondez à ses questions s’il en a. Mais surtout vous ne dites pas des choses qui pourraient l’inquiéter comme « maman t’aimera toujours » ou « j’aurai moins de temps à te consacrer »… Ne lui mettez pas ce genre d’idées en tête s’il ne les a pas de lui-même. 

Préparez vos aînés à l’arrivée d’un.e petit.e frère ou soeur

Je vous conseille de lui lire des histoires de la littérature jeunesse traitant de l’arrivée de petit.e frère ou soeur. Vous pouvez lui dire qu’untel dans votre entourage a eu un petit frère. Quand vous croisez des bébés dans la rue, vous pouvez en remettre une couche en lui disant que quand bébé va sortir du ventre de maman, il va être encore plus petit que ça. Tout ce qui pourra le faire réaliser ce que c’est. 

Vous pouvez également lui parler de quand lui-même était dans le ventre de maman, ce que les deux parents ont fait, ce qui s’est passé quand il est né et les jours voire mois d’après. Vous pouvez lui montrer des films ou des photos de lui étant bébé.

Mais soyons clairs, tant que le bébé n’est pas là, ça peut être vraiment abstrait pour les enfants surtout lorsqu’ils sont petits. 

Vous pouvez impliquer vos aînés dans la grossesse par exemple en lui demandant de choisir un pyjama, une gigoteuse ou un doudou pour son petit frère ou sa petite soeur. Mais jamais, jamais vous n’emmenez vos aînés aux échographies. Je ne suis même pas sûre qu’un échographe laisserait entrer un enfant. Une échographie est un acte médical et il peut y avoir de mauvaises nouvelles lors des échographies. Je ne le souhaite à personne mais c’est une éventualité et si ça arrive, bien sûr qu’il ne faut pas que  l’aîné soit là. 

Expliquez-lui bien ce qui va se passer le jour de la naissance : c’est telle personne qui viendra s’occuper de lui, il va bien s’amuser. Le coparent viendra le chercher dès que possible pour lui faire rencontrer le bébé. Si l’aîné n’est pas préparé, ça va lui faire un choc, créer de l’insécurité chez lui et ça pourra causer des difficultés dès le début. 

Lorsque bébé arrive, chacun doit trouver sa place

Lorsque bébé arrive enfin, la place de chacun est redéfinie dans la famille. Les parents s’occupent beaucoup du bébé car il a besoin de beaucoup d’attention et une grande partie de l’attention dont  l’aîné bénéficiait avant est redirigée. Il va falloir quelques mois avant que tout le monde trouve sa place. Mais voici ce que vous pouvez faire pour aider votre aîné. 

Accordez-lui du temps de qualité dès que possible. Si maman est trop occupée, trop fatiguée, a du mal à se remettre de l’accouchement, bref, si elle ne peut pas, le coparent peut le faire, voir les proches, les grands-parents… Je rappelle qu’un temps de qualité est un temps pendant lequel vous êtes complètement disponible pour l’enfant. Le bébé est endormi ou un autre adulte s’occupe de lui et vous êtes pleinement disponible pour votre aîné. Et c’est primordial ! Il va falloir que vous fassiez comprendre à votre aîné qu’il a sa place dans la famille. Qu’il n’est pas remplacé par ce bébé mais que maintenant ils sont deux et pas que le bébé « pique » la place de l’aîné. 

Une chose importante à lui dire est que vous l’aimez pour ce qu’il est. Je conseille d’éviter la phrase assez classique de « J’ai un coeur assez grand pour vous aimer tous les deux de la même façon ». Non, vous n’aimez pas vos enfants de la même façon. Vous les aimez chacun d’une façon différente parce qu’ils sont différents. Vous aimez votre aîné parce que… et vous aimez votre bébé parce que… Chaque enfant doit se sentir unique à vos yeux pour qu’il se sente aimé tel qu’il est. 

Il y a également la technique du cadeau, que je n’ai pas personnellement adoptée, qui est de dire que le bébé a apporté un cadeau à la naissance. Comme ça, l’aîné a déjà une bonne raison d’être content de la venue du bébé. Je n’adhère pas à cette technique car, à l’intérieur de mon ventre, il n’y avait pas de jouets en plastique ou je ne sais quoi d’autre. Je suis peut-être un peu trop terre à terre mais il n’y avait que le bébé. Et j’ai comme valeur d’inculquer à mes enfants que c’est chacun son tour. Lors de l’anniversaire de ma fille, je n’offre des cadeaux qu’à ma fille et vice-versa. 

Mais si vous adhérez à cette pratique, faites-la, je vous en prie. 

Enfin, il faut valoriser l’aîné à fond. Le mettre dans son rôle de grand sans lui dire que maintenant, ce n’est plus un enfant. Il faut le valoriser pour tout et n’importe quoi. Il faut bien comprendre que l’aîné ne va plus savoir où il se situe dans la famille, quelle est sa place et il va pouvoir se sentir rejeté. Si vous le valorisez, vous allez prévenir ça. 

De la même façon, lorsque la famille, les proches vont venir voir l’enfant, il faut également qu’ils s’intéressent à l’aîné et pas seulement au bébé ou à l’aîné mais par rapport à son petit frère ou sa petite soeur. Il ne faut pas lui dire seulement « alors, tu es un.e grand.e frère/soeur maintenant, tu t’occupes bien de lui ou elle »… Non, il faut s’intéresser à lui en lui demandant qu’est-ce qu’il a fait à l’école, jouer un peu avec lui, bref s’intéresser à lui. Vous pouvez, à cet effet, briefer les proches. Ils ne le prendront pas mal, au contraire, ils seront mandatés pour une mission qui est de jouer avec l’aîné. Ils adoreront ! 

Si les aînés n’acceptent pas le bébé

Mais malgré tout cela, votre aîné peut ressentir de la jalousie envers le bébé. Il peut manifester son mécontentement de plusieurs façons.

  1. il peut régresser, c’est-à-dire refaire pipi au lit alors qu’il était propre, redemander un biberon, parler bébé… Ayez conscience que, s’il fait ça, c’est car d’après lui, ce que vous aimez c’est un bébé. Un bébé qui gazouille, qui met des couches et qui prend un biberon. Donc s’il fait ça, c’est pour bénéficier encore de votre amour. Ça me brise le coeur d’imaginer qu’un enfant pourrait faire ça. Il vérifie que l’attachement, l’amour que vous aviez jadis éprouvé pour lui, perdure. 
  2. il peut vouloir faire du mal au bébé. Et il faudra être très attentif à ne pas laisser le bébé seul avec votre aîné car l’aîné pourrait faire du mal au bébé mais sans qu’il mesure les conséquences de ses actes. 
  3. il peut vouloir venir sur vous dès que vous vous occupez du bébé, vouloir s’interposer entre le bébé et vous. Bref, autant de réactions désagréables. 

Dans tous les cas, dans un premier temps, il faut accueillir les émotions de l’aîné. S’il éprouve de la jalousie, de la colère, de la méfiance, il faut le reconnaitre et travailler autour de ça. Votre aîné a le droit de ressentir tout cela. Reconnaissez-lui ce droit. Il n’est pas obligé d’aimer le bébé ! Personne n’est jamais obligé d’aimer quelqu’un ! En plus, ce bébé, il pleure tout le temps, il ne sent pas bon, il dort tout le temps, et surtout, toute l’attention est portée sur lui. Qu’y aurait-il à aimer là-dedans ? 

Pour aller plus loin dans l’accueil des émotions, je vous renvoie à l’épisode 4 de la boîte à outils des parents qui est dédié à l’accueil des émotions et je vous invite à télécharger gratuitement la liste des émotions de la boîte à outils des parents.

Le lien entre les enfants d’une même fratrie n’est pas immédiat, évident, ni gagné d’avance. Ils vont devoir apprendre à se connaitre, à s’attacher l’un à l’autre. Et ça peut prendre du temps ! L’amour et la complicité se construisent au fur et à mesure. 

Evidemment tout cela prend une ampleur différente dans les familles recomposées. En effet, l’arrivée d’un bébé entre l’un de ses parents et l’un de ses beaux-parents est le signe évident, s’il en est, que le couple parental ne se reformera pas. 

Avant de finir, je résume brièvement cet épisode qui est un peu plus long qu’habituellement :

  • Il est complètement normal de se sentir perdu.e et désemparé.e à l’arrivée d’un nouvel enfant, surtout si c’est votre premier. 
  • Baissez vos exigences. Je pense que si vous devez retenir une seule chose de cet épisode, c’est celle-là ! Baissez vos exigences par rapport à la tenue de votre maison, à la qualité de vos repas, à vous-mêmes, aux tâches que vous devez effectuer… Baissez vos exigences ! 
  • S’il y a déjà un ou des aînés, il est très important de les préparer, de leur expliquer ce qu’il va se passer. Mais gardez en tête que tant que bébé n’est pas là, tout cela sera très conceptuel pour les grands. 
  • L’équilibre familial est redéfini, les places de chacun changent et il faut parvenir à rééquilibrer tout cela. Laissez du temps au temps pour cela. 
  • Valoriser votre ou vos aînés plus que jamais, c’est vital pour eux, pour ne pas se sentir rejeté car remplacé. 
  • Et si vous décelez tout de même de la jalousie chez vos ou votre aîné, accueillez son émotion et laissez-lui du temps. 
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