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Episode 6 – Le parent parfait

Vous l’avez, vous tous, cette copine parfaite ? Celle qui a une maison super bien tenue, un mari serviable qui l’embrasse amoureusement en rentrant et qui fait des tâches ménagères et autres travaux sans rechigner et qui a des enfants qui, quand elle leur demande de ranger leur chambre, comme par magie, comme par une opération du saint-esprit, les enfants se lèvent et un quart d’heure plus tard, la chambre est nickel ?

Et vous, vous vous dites « mais comment elle fait ? ». 

Parce que vous, vous ne vous trouvez pas à la hauteur, vous ne l’avez jamais été d’ailleurs. Pour vous, tout est une galère. Alors que pour elle, c’est plus simple. Tout ce qu’elle fait est juste et approprié. 

Ça ressemblerait presque à de la jalousie. 

Ou, si vous n’avez pas cette copine très énervante, vous avez sûrement cette mère ou cette belle-mère qui vous dit que votre maison est en bazar, que les vêtements des enfants ne sont pas repassés, que les surgelés et les conserves ne sont pas bons pour la santé et que quand même, c’est pas compliqué de faire des lasagnes ! 

Ça, ça ressemble un peu plus à du dénigrement, de la dévalorisation.

Dans ce cas-là, ça a le même effet que la copine qui réussit tout, ça vous dévalorise. Vous vous sentez nulle alors que tout ce que vous essayez de faire est d’être le parent parfait. Et vous faites beaucoup d’effort pour ça !

Vous l’avez déjà rencontré le parent parfait ? 

Moi j’ai longtemps couru après, et je pense que beaucoup d’entre vous l’ont fait également. J’ai longtemps couru après cet idéal. Lorsque je voyais quelqu’un se débrouiller mieux que moi, d’après moi, je me sentais nulle. Mais vous savez quoi ? Le parent parfait n’existe pas. L’enfant parfait n’existe pas. La famille parfaite n’existe pas. La personne parfaite n’existe pas. 

Et qu’est-ce que ça veut dire être parfait ? C’est un état général ? C’est, une fois qu’on est parfait, on l’est pour toujours ? C’est ne jamais faire d’erreur ? Qui peut se targuer de ne jamais faire d’erreur et qu’est-ce que ça veut dire faire une erreur ? Est-ce que c’est quand on dit quelque chose qu’il ne fallait pas dire ? Est-ce que c’est quand on fait cramer les saucisses ? Est-ce que c’est quand on perd le contrôle et qu’on s’énerve ? 

Ce que moi je vais trouver parfait, vous, vous n’allez pas le trouver parfait. Même ce que moi je vais trouver parfais, mon conjoint, avec qui je partage ma vie, qui est la personne la plus proche de moi, qui me connait le mieux et que je connais le mieux, ne va pas avoir la même notion que moi de la perfection. 

Donc arrêtons de courir après la perfection, nous ne l’atteindrons jamais ! C’est une quête vaine. On va s’essouffler avant d’y parvenir. 

J’ai l’impression que cette quête de la perfection est vraiment significative de la génération de parents actuelle donc des personnes qui ont entre 20 et 40/45 ans. C’est une impression qui est tout à fait personnelle et je ne sais pas ce qui l’explique.

Donnons-nous le droit de faire des erreurs et donnons aux personnes qui nous entourent le droit de faire des erreurs. 

On se mettra beaucoup, beaucoup moins la pression et on en mettra moins aux personnes qui nous entourent. 

Alors pour nous, comment ça fonctionne la perfection ? 

Eh bien, quand on fait une erreur, une boulette, un « oupsi », quand on est mal à l’aise dans une situation, quand on ne maîtrise pas quelque chose, que ce soit dans la vie privée ou professionnelle, quand on se trompe, acceptons-le. Acceptons de faire des erreurs. 

Et ça va être beaucoup plus simple de juste accepter de ne pas être parfait, accepter de ne pas se tromper que de se dire « ah c’est terrible, j’ai failli à ma perfection », car c’est un sentiment beaucoup plus inconfortable. Si on n’accepte pas de faire des erreurs, à chaque fois qu’on en fait, on est au 36ème dessous et il nous faut alors nous reconstruire. Mais, objectivement, si on se dit qu’une erreur, c’est par exemple s’être trompé de destinataire quand on envoie un mail, disons que c’est une situation qui n’est pas grave (par exemple, on n’a pas envoyé les prix d’une société à leur concurrent), on s’est juste trompé de destinataire. La conséquence, c’est qu’on renvoie un mail en disant « désolé.e, je me suis trompée » et on renvoie le mail initial au bon destinataire. Bon, on ne peut pas dire que ce soit une grosse boulette car les conséquences ne sont pas dramatiques. Et pourtant, si dans cette situation on se dit qu’on est nul.le, bon.ne à rien, que ça nous plombe notre journée, qu’on y pense au moment de s’endormir. C’est trop. C’est invivable ! Parce qu’après ça, on va ramer pour avoir de nouveau confiance en ses capacités. Capacités qu’on a, par ailleurs, parce que combien de mails a-t-on envoyé au bon destinataire ? En fait, il y en a un seul sur une longue période qu’on n’a pas envoyé au bon destinataire. Et au lieu de se focaliser sur tous ceux qu’on a bien envoyés, on va se focaliser sur le seul qu’on a mal envoyé. 

Et je vous dis ça avec un peu d’émotion car j’étais complètement comme ça avant. 

Avant d’avoir des enfants, je faisais du tennis en compétition. Et je gagnais pas mal de matchs mais chaque défaite me détruisait. Encore aujourd’hui, je me rappelle de matchs significatifs pour moi et ce sont des matchs que j’ai perdus alors que j’étais proche de la victoire. Je me rappelle très peu des matchs que j’ai gagnés. Alors que j’ai fait quelques exploits quand même, à mon petit niveau. J’ai joué des filles beaucoup mieux classées que moi et j’ai gagné mais je ne m’en rappelle pas. Il faut que quelqu’un me dise que c’est arrivé. Et quand on me demandait comment je faisais pour gagner mes matchs, je répondais que j’avais eu de la chance, que mon adversaire avait un très mauvais revers… Et encore aujourd’hui, je ne sais pas dire comment j’ai fait pour gagner ces matchs. Il faudrait peut-être que je me remette à la compétition pour mieux analyser la situation. Je suis sûre qu’aujourd’hui, j’en serais capable.
Et c’était comme ça avec tout. 

Il y a aussi l’exemple très, très courant, qui ne m’est pas personnellement arrivé, du parent jamais satisfait. On arrive avec une réussite, par exemple, on a eu une bonne note, un 18, on le montre, tout fier à notre parent et là, il nous dit « pourquoi tu n’as pas eu 20 » ? 

Le parent jamais satisfait fabrique des enfants jamais satisfaits. C’est bien, d’une certaine manière, car l’enfant va constamment chercher à aller plus haut, plus loin. Mais l’enfant ne va jamais réussir à apprécier là où il en est aujourd’hui. Aujourd’hui, l’enfant a eu 18. C’est déjà très satisfaisant. Et on devrait saluer cet accomplissement avant de demander d’un ton blasé pourquoi il n’a pas eu les deux points supplémentaires. 

Et j’ai décidé d’accepter mes erreurs, d’accepter de faire des erreurs et donc de ne pas être parfaite quand j’ai vu que ça me bouffait, que c’était devenu invivable. Je crois que c’était surtout au travail, quand je faisais une boulette et que ma cheffe me le faisait remarquer un jour, j’ai arrêté de m’en vouloir à mort. Et je crois que je lui ai dit : oui, je me suis gourée, j’aurais pas dû faire ça, je ne le referai plus comme ça. Et je pense qu’elle a été assez surprise et qu’elle a cru que je ne prenais pas la mesure de ce que j’avais fait. Ce qui n’avait rien à voir d’ailleurs. Prendre la mesure de ce qu’on fait, des conséquences de nos actes et en tenir compte pour progresser, ne signifie pas être miné par  cette erreur. On peut très bien faire tout cela et continuer sa journée comme on l’avait commencée. 

C’est une excellente transition pour vous dire que les erreurs que l’on fait, quand on en prend conscience, elles doivent nous servir uniquement à apprendre, à en tirer la leçon et à ne pas la répéter. Culpabiliser, se dire qu’on est nul n’est absolument pas utile. Je ferai un épisode entier consacré à la culpabilité. Je vous en dirai plus à ce moment-là

Comment faire pour que nos enfants acceptent leurs erreurs et leur apprendre à accepter leurs erreurs ? 

On a vu que ne pas supporter de faire des erreurs et ne pas accepter d’en faire est assez destructeur et est un excellent moyen de saper la confiance en soi. C’est exactement ce qu’il ne faut pas faire pour faire grandir des enfants qui n’ont pas peur d’oser. 

Je vais prendre l’exemple de la propreté. Si l’enfant est censé être propre et qu’il a un accident, donc clairement, qu’il fait pipi ou caca dans sa culotte, si à ce moment-là, on crie, on lui reproche de s’être oublié, on en fait des caisses, l’enfant va se sentir rabaissé. Ça va ensuite lui mettre la pression pour ne pas recommencer. Mais une pression malsaine, démesurée, absolument pas en lien avec la gravité de la faute. Parce que l’enfant mouille sa culotte et son pantalon et ses chaussures, sûrement le sol aussi, si ce n’est pas le canapé et alors ? Qu’est-ce qu’il y a de pas réparable là-dedans ? 

Et l’enfant va peut-être redemander à mettre des couches ou va peut-être jamais savoir quand aller aux toilettes, il va y aller pour rien ou il va y aller pas assez, ce qui va provoquer de nouveaux accidents. Et c’est complètement l’inverse de l’effet recherché. 

Je prends un exemple avec un enfant un peu plus grand. L’enfant rapporte une mauvaise note de l’école. Qu’est-ce que vous faites ? Vous lui criez dessus en le traitant d’incapable ? Vous lui reprochez d’avoir fait telle chose, par exemple, jouer aux jeux vidéo au lieu de réviser alors que vous aviez passé le weekend à lui dire de réviser ? Ou alors, vous ne réagissez même pas car vous ne voulez pas vous énerver et quoi que vous disiez ça ne servirait à rien ? 

Encore une fois, quel est réellement le problème ? Quelle est la gravité de la situation ? Votre réaction ne sera pas la même et ne doit pas être la même selon que c’est habituel, que c’est exceptionnel… 

En fonction de votre réaction et en fonction de l’acceptabilité que vous faites de la mauvaise note de votre enfant, ça risque de donner des enfants qui font un burn out scolaire. Ce sont des enfants qui exigent le meilleur d’eux-mêmes tout le temps et qui, s’il y a un petit caillou dans le rouage, ne vont pas savoir comment réagir, et ne vont pas savoir rebondir. Ils ne vont pas accepter de n’avoir eu que 16, au lieu de l’habituel 19. Alors que 16 au lieu de 19, je suis sûre que vous serez d’accord avec moi pour dire qu’il n’y a rien de dramatique là-dedans. 

Dans les deux exemples, je ne dénigre absolument pas l’agacement que vous pouvez ressentir quand ça arrive, surtout si ça arrive plusieurs fois, pas au bon moment, alors que vous n’êtes pas dans le bon état d’esprit… C’est une situation qui peut être pénible, que vous pouvez ressentir comme pénible et avoir du mal à voir le côté positif de la situation. 

Ce qui est sûr c’est que gronder l’enfant qui fait une erreur ne fera que renforcer sa propre insécurité, son manque de confiance en soi. Il va se sentir nul et pas aimé. Il va avoir l’impression que son être est remis en cause.

Comment régir quand on fait des erreurs ?

La façon de réagir, lorsque vos enfants font des « erreurs » est d’abord de le rassurer : « oui, tu as fait pipi dans ta culotte, mais c’est pas grave. Tu vois, on enlève le pantalon, on le mettra à la machine, on nettoie le sol et c’est tout. La prochaine fois, tu iras aux toilettes, et si ce n’est pas la prochaine fois, ce sera celle d’après ou encore celle d’après . » 

Ou « oui, tu as une note pas très élevée mais ça ne remet absolument pas en cause le fait que tu es intelligent, que tu as des ressources et que je t’aime ». 

Donc, première étape, on rassure l’enfant. Ce n’est pas un drame s’il se trompe : ça doit vraiment être ancré en eux, dès le plus jeune âge. 

Ensuite, comme pour nous, on accepte l’erreur et on cherche ce qui l’a causée pour ensuite l’éviter.

Vous lui dites : « ok, tu as eu un accident, ok, tu as eu une note assez basse. Bon, voyons ce que l’on peut faire ». 

Pour l’exemple de la propreté, peut-être que vous pouvez un peu plus fréquemment  proposer à votre enfant d’aller aux toilettes ou de repérer les signes avant-coureurs ou même de lui expliquer que quand il ressent un poids à ce niveau-là, ça veut peut-être dire qu’il faut qu’il aille aux toilettes…

Pour l’exemple de la mauvaise note, demandez à votre enfant pourquoi, essayez de chercher avec lui les raisons. Peut-être qu’il n’a rien compris à la leçon et qu’il peut redemander à son prof ou à un proche ou même à un camarade de classe. Peut-être qu’il n’a pas réussi à retenir sa leçon alors qu’il a essayé et là vous pouvez peut-être lui donner des conseils ou en demander autour de vous ou au prof. Peut-être qu’il n’a pas compris l’énoncé de la question, peut-être qu’il s’en fiche, que cette matière n’est pas son truc et qu’il faut lui expliquer, de façon à ce qu’il l’intègre que cette matière est importante pour arriver là où il veut aller, ou partir à la recherche de ce qu’il aime car dans la vie tout ne se résume pas autour des maths et du français… J’en sais rien, il y a plein de possibilités. 

Mais là encore, ce qu’on fait c’est qu’on accepte l’erreur et qu’on s’en sert pour ne plus la reproduire. 

C’est la force des erreurs. On se sert des erreurs que l’on fait comme d’une force, comme d’un levier, comme d’un tremplin pour progresser, pour s’améliorer. Et on devient des êtres totalement imparfaits mais complètement heureux. 

Et, n’est-ce pas ce que l’on cherche après tout, être heureux et faire en sorte que nos enfants le soient ? 

Donc je récapitule comme à chaque fin d’épisode : 

  • Soyons imparfait, assumons-le. C’est le plus beau cadeau que l’on peut se faire. 
  • Lorsqu’on fait une erreur, ou lorsque nos enfants font des erreurs, acceptons-la, accueillons l’erreur. 
  • Transformons l’erreur, qui est quelque chose, à première vue de négatif, en une force, en un tremplin en analysant la situation et en cherchant une façon de ne plus la reproduire. 
  • Là encore, donnons-nous le droit à l’erreur. Ça ne va peut-être pas s’arranger tout de suite, au prochain coup, peut-être à celui d’après. 
  • Et pour les erreurs de nos enfants, rassurons-les. Apprenons-leur à accepter leurs erreurs. 
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