fbpx

Episode 17 – la culpabilité

Ah quel grand sujet ! 

Je crois que c’est l’une des émotions négatives que l’on ressent le plus lorsqu’on est parent

J’en parlerai à plusieurs reprises au cours des épisodes que je vous proposerai. La culpabilité est une question centrale dans nos vies de parents. 

Est-ce qu’on fait bien les choses ? 

Est-ce qu’on fait les choses parfaitement bien ? 

Si quelqu’un nous fait une recommandation (un pédiatre, un psychologue, un parent, un ami, toutes ces personnes étant bien intentionnées), sommes-nous obligé.e de les suivre à la lettre ? Et si on ne les suit pas à la lettre ? Qu’est-ce que ça dit de nous ? Que nous sommes de mauvais parents ? Que les autres nous considèrent comme de mauvais parents ? 

Et que signifie être un bon parent ? Est-ce que ça signifie être un parent parfait ? Qu’est-ce que ça signifie être parfait ? Est-ce que si notre enfant fait une colère, nous sommes imparfaits ? Je vous renvoie à ce sujet à l’épisode 6 du podcast dans lequel je reconstruis le mythe du parent parfait.

Qu’est-ce que la culpabilité ? 

C’est le fait de se sentir coupable. Et coupable signifie avoir commis une faute. Une faute, c’est un manquement. La faute peut être intentionnelle ou accidentelle. 

Se sentir coupable, signifie donc que l’on a commis une faute. Prenez deux minutes pour réfléchir : quelle faute avez-vous commis avec vos enfants de façon intentionnelle ou accidentelle ? Réfléchissez bien ! 

La notion de faute renvoie évidemment à l’erreur et au droit à l’erreur. J’explique comment se donner le droit à l’erreur toujours dans l’épisode 6 sur le parent parfait. Je ne vais pas recommencer ici. 

Voici deux exemples dans lesquels nous pourrions ressentir de la culpabilité. 

Exemple 1 : si le pédiatre nous dit qu’il faut donner un biberon de 180ml mais que le bébé hurle à la mort car on a l’impression qu’il a faim. Qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce que tous les enfants sont les mêmes ? Est-ce qu’ils ont tous la même faim au même moment ? Parce que si on a peur qu’il mange trop, on a aussi peur qu’il ne mange pas assez. Si le bébé ne finit pas son biberon, que se passe-t-il ? 

Une amie me racontait que son pédiatre lui avait conseillé de donner de l’eau à son bébé nouveau-né, car il grossissait trop vite. Le bébé était à 100% allaité au sein. Il n’y avait donc aucun moyen de savoir quelle quantité de lait il prenait à chaque tétée. Son pédiatre avait trouvé qu’il grossissait trop et pour éviter que son poids soit trop important (d’ailleurs, je ne crois pas qu’il y ait  de graves conséquences à avoir un poids important lorsqu’on est aussi petit), elle avait conseillé à mon amie de faire patienter le bébé avec de l’eau entre chaque tétée. Mon amie devait bien regarder l’heure, y compris la nuit, pour ne lui donner des tétées que toutes les quatre heures, je crois. 

Donc que devait faire mon amie à ce moment-là ? 

Elle-même trouvait que donner de l’eau à un aussi petit bébé était surprenant. Son bébé n’en voudrait sûrement pas. Ce qu’il voulait lui, c’était prendre des forces pour bien grandir, avoir le goût du bon lait de sa maman et pas avoir le goût insipide de l’eau dans la bouche. 

Je précise, au passage, que je ne fais pas un éloge à l’allaitement au sein plutôt qu’à l’allaitement au biberon. Le problème aurait sûrement été un peu différent au biberon car on peut mesurer la quantité de lait que prend le bébé mais enfin, si le bébé pleure quand même entre l’heure théorique de ses biberons, c’est la même chose. 

Donc mon amie avait plusieurs choix : écouter religieusement la pédiatre et suivre ses instructions, ce qui aurait très certainement valu de grosses crises de larmes du bébé. Ou ignorer ses recommandations. Mais dans les deux cas, elle culpabilise. Au moment où le bébé pleure parce qu’il a faim et qu’elle essaye de le calmer peut-être pendant de longues minutes voire de longues heures, ou pendant qu’elle donne le sein alors qu’elle aurait dû attendre, et lui donner de l’eau, elle culpabilise. Elle se demande quelle est la meilleure solution. Est-ce qu’elle fait une erreur ? Est-ce que la santé de son fils est en péril ? etc. 

Et dans le cas où elle choisit de ne pas suivre les instructions du pédiatre, au prochain rendez-vous, que va-t-elle dire ? Elle va se sentir gênée de ne pas avoir suivi ses instructions. Si elle choisit de mentir en disant « oui, oui, je lui donne de l’eau », est-ce que la pédiatre, en voyant la courbe de poids du bébé amplifier, est-ce qu’elle ne va pas tirer des conclusions étranges du style « ce n’est pas normal qu’il grossisse autant avec aussi peu de calories ». Bref, une situation inextricable. 

Pour finir l’histoire, mon amie a ignoré les recommandations de la pédiatre. Il se trouve qu’elle avait les courbes de poids anciennes, qui ne correspondaient plus du tout aux enfants d’aujourd’hui, et elle a changé de pédiatre. 

L’exemple 2 parlera sans doute à beaucoup d’entre vous : c’est le cas de la séparation. Les deux parents se séparent. 

C’est le seul constat. Il n’est pas obligé d’y avoir une raison « grave » comme de la violence ou une infidélité. Les parents peuvent décider de se séparer parce qu’ils ne s’entendent plus, parce qu’ils ne s’aiment plus, parce qu’ils ont envie de vivre d’autres choses et ne sont plus en accord… Dans tous les cas, lorsque l’une des personnes du couple ressent le besoin de se séparer, deux options s’offrent à elles. 

La première est de rester en couple. La deuxième est de se séparer. 

Si la personne préfère rester en couple, il faut que ce soit sincère. Que cette personne se sente bien dans ce couple qu’elle maintient. Parce que si la personne décide de rester mais ressent un mal-être, devient aigrie, fait un burn out ou autre (et je ne parle pas du cas de violence conjugale), cela va forcément avoir un impact sur la famille, à commencer par les enfants. Parce que je suis convaincue qu’il vaut mieux avoir des parents séparés mais heureux que des parents en couple et malheureux. Je le répète tellement c’est important : il vaut mieux avoir des parents séparés mais heureux que des parents en couple et malheureux.

Donc, si vous voulez rester en couple avec votre coparent, il faut que ce soit sincère et heureux. Sinon, il vaut mieux prendre la décision de se séparer. 

Même si c’est voulu, même si on a conscience que nous ne nous épanouissons plus dans notre couple et que rester signifie s’éteindre à petit feu, on peut culpabiliser. On culpabilise vis-à-vis de notre coparent, de nos enfants… La séparation va créer un grand chambardement dans leur vie. 

Je m’intéresse plus particulièrement à l’impact sur les enfants. 

C’est compliqué pour eux d’avoir deux maisons. Ils vont sûrement être tristes à l’idée de ne plus faire des choses avec leurs deux parents. Ils vont sûrement vouloir réparer la relation entre les deux parents. Ils vont peut-être faire des crises, ils vont peut-être avoir besoin d’aller chez un psy. Vous aussi d’ailleurs. 

Et tout cela est une grande cause de culpabilité. Car oui, après tout, c’est vous qui avez pris la décision de vous séparer ou si vous avez subi la séparation, peut-être que vous vous torturez l’esprit en vous demandant ce que vous auriez pu faire pour ne pas qu’elle arrive. 

Je fais une parenthèse en vous demandant, si vous êtes dans ce cas, de vous rappeler ce que je disais au début de l’exemple : il vaut mieux avoir des parents séparés mais heureux que des parents en couple et malheureux. 

Que peut-on faire quand ce sentiment de culpabilité s’éprend de nous ? 

Eh bien, la culpabilité, comme le bonheur, est une émotion. Et nous pouvons choisir nos émotions. Je vous l’ai déjà expliqué à plusieurs reprises et en détail dans l’épisode 4 du podcast « l’accueil des émotions ». Nous avons le choix de ressentir ou non de la culpabilité. Donc, ça veut dire qu’on pourrait très bien faire le choix de ne pas ressentir de culpabilité. 

Mais, la culpabilité a une petite particularité. C’est une émotion qu’on se rajoute à une émotion déjà négative. Par exemple, on éprouve de la frustration devant son fils qui fait une crise parce qu’il veut que son autre parent soit là, avec vous, ou on éprouve du découragement lorsqu’on est en train d’essayer de calmer son nourrisson qui a peut-être faim. Et par-dessus cette émotion de frustration ou de découragement, on se rajoute de la culpabilité. A quoi ça sert de se rajouter une couche de culpabilité dans ces situations ? A rien ! Strictement rien. Cette émotion de culpabilité est donc inutile. 

Comment fait-on pour se débarrasser de la culpabilité que l’on ressent ?

La première étape consiste à remarquer que vous ressentez de la culpabilité. Si vous faites ça, c’est déjà un grand pas. Car lorsque l’émotion de culpabilité arrive, comme toutes les émotions d’ailleurs, on l’accueille. On se dit « tiens, je remarque que je ressens de la culpabilité ». Si vous faites ça, c’est déjà très bien. 

Ensuite, vous pourrez essayer d’identifier la seconde émotion, celle qui est en dessous et qui crée la culpabilité. Et de la même façon, vous l’accueillez. 

La seconde étape consiste à changer cette émotion. L’émotion de frustration ou de découragement pour continuer avec mes exemples. 

Je vous la fais courte car je développe tout cela dans l’épisode 4 que je vous invite à écouter ou réécouter si vous voulez en savoir plus : identifiez la circonstance, identifiez la pensée, identifiez l’émotion ressentie ou les émotions ressenties. Une fois que vous aurez fait cela, vous pourrez changer la pensée initiale. Si vous changez la pensée initiale, vous allez changer l’émotion ressentie. Lorsque vous aurez trouvé la pensée qui amène une émotion positive, vous allez pouvoir constater que, d’une part, vous ne ressentez plus de la frustration ou du découragement mais, vous ne ressentez plus non plus la culpabilité qui les accompagnait. C’est tout bénéf pour vous ! 

Pour bien identifier ses émotions, il est important d’avoir un vocabulaire émotionnel développé. Je vous mets à disposition une liste d’émotions que j’ai élaborée lorsque vous vous inscrivez à ma newsletter. Je vous précise au passage que je vous offre un deuxième cadeau lorsque vous vous inscrivez à ma newsletter, ce sont les 5 étapes pour arrêter de crier. Donc si ce n’est pas encore fait, allez vite vous inscrire

Pour résumer cet épisode, rappelez-vous que la culpabilité est souvent la deuxième couche d’une émotion négative. Cette deuxième couche n’est absolument pas utile. Dans un premier temps, remarquez que vous ressentez de la culpabilité puis essayez de creuser pour identifier l’émotion négative initiale, celle qui crée la culpabilité et changez-la. 

crier sur ses enfants

Les cris emplissent la maison et provoquent une mauvaise ambiance ? 

Ce n’est pas une fatalité !

Les règles pour arrêter de crier, picto avec un adulte qui crie sur un enfant

En suivant les 5 règles que j’ai regroupées dans ce guide gratuit, votre famille va retrouver calme et sérénité avec facilité.