Avec cet épisode, je poursuis et termine la série consacrée au cerveau.
Il existe plusieurs façons d’aborder ce sujet : la semaine dernière, je vous ai parlé des cerveaux droit et gauche. Aujourd’hui, je vais vous expliquer l’intégration entre le cerveau d’en bas et le cerveau d’en haut, en m’appuyant toujours sur le livre passionnant Le cerveau de votre enfant des docteurs Bryson et Siegel (éditions Marabout).
Le cerveau d’en bas et le cerveau d’en haut
En bas se trouve le cerveau reptilien, responsable des fonctions primaires et automatiques : les gestes que l’on fait sans y réfléchir et les besoins physiologiques.
Bryson et Siegel proposent une métaphore parlante : imaginez le cerveau comme une maison.
- Au rez-de-chaussée : la cuisine, les toilettes, la salle de bain… autrement dit, les besoins primaires.
- À l’étage : le cortex cérébral, incluant le cortex préfrontal. C’est la zone de la réflexion complexe et globale, comparable à un bureau ou une bibliothèque avec de grandes fenêtres donnant sur le monde.
Le cerveau du bas est primitif.
Le cerveau du haut est sophistiqué.
Le cerveau supérieur permet à nos enfants de prendre des décisions, de planifier, d’avoir une morale, de développer l’empathie, de contrôler leur corps et leurs émotions. C’est grâce à lui que nous gagnons en maturité.
À l’inverse, si l’on ne s’appuie que sur le cerveau d’en bas, nos réactions sont instinctives, basiques, parfois même méchantes ou amorales.
L’escalier entre les deux cerveaux
Entre le rez-de-chaussée et l’étage existe un escalier essentiel.
- Il doit permettre au cerveau d’en haut de contrôler le cerveau d’en bas, et ainsi calmer les réactions intenses.
- Mais il doit aussi pouvoir être descendu, pour que nos décisions tiennent compte de ce que nous ressentons émotionnellement et physiquement.
Cependant, il faut garder en tête que le cortex préfrontal, et en particulier le néocortex, est la dernière partie du cerveau à arriver à maturité (vers 25 ans). Le cerveau reptilien, lui, est opérationnel dès la naissance.
Conséquence : les capacités de réflexion, d’empathie, de maîtrise de soi que nous attendons de nos enfants reposent sur un cerveau encore en construction. Il est donc normal qu’ils soient souvent « coincés » en bas de la maison.

Le rôle de l’amygdale
L’amygdale, qui appartient au cerveau d’en bas, déclenche rapidement certaines émotions.
Exemple : une bouteille d’eau tombe, vous criez « attention ! » en la relevant. Votre réaction semble disproportionnée ? C’est votre amygdale qui a pris le dessus, en mode survie.
Chez l’adulte, le cerveau d’en haut reprend vite le contrôle.
Chez l’enfant, dont le cortex préfrontal est encore immature, c’est beaucoup plus difficile : l’amygdale agit comme un sas de sécurité souvent bloqué.
Quand le cerveau d’en bas prend le dessus
Imaginons : votre enfant vous lance un « t’es méchante ! ».
La réaction spontanée est de répondre « je ne veux pas que tu me dises ça ». Mais cela ne fait qu’alimenter la colère du cerveau d’en bas.
Bryson et Siegel recommandent plutôt de vous adresser au cerveau d’en haut de votre enfant :
- Cherchez à comprendre : « Pourquoi tu trouves que je suis méchante ? »
- Proposez des pistes : « C’est parce que je t’ai demandé de… ? »
- Expliquez vos raisons.
- Et concluez simplement : « Voilà pourquoi. Maintenant, si tu veux bouder, libre à toi. Sinon, on peut trouver une solution. »
Exercer le cerveau d’en haut
Pour éviter ces crises, il est possible de renforcer le cerveau supérieur de l’enfant. Comme un muscle, il se développe avec l’usage.
- Laissez-le prendre des décisions adaptées à son âge : choix d’activité, organisation, tenue, solutions à ses problèmes…
- Aidez-le à réguler ses émotions (cf. épisode 4 « L’accueil des émotions » et la liste gratuite des émotions dans la boîte à outils des parents).
- Encouragez la connaissance de soi : demandez-lui pourquoi il a aimé une activité, ce qu’il a ressenti, plutôt qu’un simple « tu as aimé ? ».
- Développez son empathie : « Qu’est-ce qu’untel a ressenti, d’après toi ? », « Pourquoi a-t-il agi ainsi ? ».
- Stimulez sa réflexion : lorsqu’il pose une question (« Pourquoi le ciel est bleu ? »), répondez d’abord par « À ton avis ? ».
Et quand c’est le parent qui perd le contrôle ?
Nous aussi, parents, pouvons voir notre cerveau d’en bas prendre le dessus. Cela se traduit par des réactions soudaines, disproportionnées, qui ne nous ressemblent pas. Bref, quand on « pète un câble » !
Pour aller plus loin sur ce sujet, je vous renvoie à l’épisode 41 : Quand on est à bout.

Cette série de trois épisodes consacrés au cerveau de l’enfant est maintenant terminée. J’espère qu’elle vous a plu !
Pour approfondir, je vous recommande vivement la lecture de Le cerveau de votre enfant, une véritable mine d’or.
Cet épisode fait partie du parcours d’écoute consacré aux étapes de vie, aux côtés des épisodes :
Votre cerveau vous joue des tours et vous ne savez pas comment désamorcer les crises de votre enfant ?
Profitez d’un premier rendez-vous offert !



