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Episode 18 – Pour des relations frères et soeurs apaisées

Je parle des relations entre frère et soeur, entre deux frères, entre deux soeurs, entre plusieurs frères et soeurs, peu importe, je parle de la relation dans une fratrie. 

Pourquoi je veux vous parler des relations entre frère et soeur ?

Eh bien parce qu’en général, nous vivons longtemps avec nos frères et soeurs et si ça se passe mal, ça peut être un véritable enfer pour les enfants et leurs parents. Et puis se battre tous les jours à la maison, au point d’être mieux en dehors de la maison, c’est quand même fatigant ! Ça peut également créer des blessures profondes d’enfance. En tout cas, les relations que l’on a avec les autres membres de la fratrie déterminent l’adulte que nous devenons. La rivalité entre frère et soeur peut arriver à tout âge. Je pense qu’on imagine très bien qu’elle peut arriver à l’adolescence, mais même avant, même tout petit.

Je m’appuie, pour cet épisode, sur mon expérience personnelle en tant que petite soeur et en tant que maman d’un garçon et d’une fille, et sur le livre d’Adele Faber et Elaine Mazlish « Frères et soeurs sans rivalité » que je vous invite à lire si vous voulez creuser un peu plus le sujet. 

Pourquoi les relations entre frères et soeurs seraient-elles difficiles ? 

Par jalousie, par favoritisme, par comparaison, par reproduction de ce que l’on a connu. Pour tout un tas d’autres raisons beaucoup moins évidentes. 

Quels sont les écueils à éviter pour une famille harmonieuse ?

Donnez-leur le droit de ne pas aimer son frère ou sa soeur et de l’exprimer. 

L’exemple que je prends est celui d’un ainé qui a une petite soeur ou un petit frère. C’est le plus parlant mais il fonctionne aussi à l’inverse, peu importe le rang de naissance. 

Il y a un enfant qui est très bien avec ses parents. Et patatras, un autre enfant arrive. Un enfant avec qui il va devoir partager l’affection de ses parents, leur temps, ses jouets, l’organisation familiale… Dans leur livre, Adele Faber et Elaine Mazlish prennent l’exemple d’un couple. Tout à coup, l’une des personnes du couple annonce à l’autre qu’il va y avoir une autre personne dans le couple. Ils ne seront plus deux mais trois. La deuxième personne va devoir partager la première avec la troisième. Mais surtout, qu’elle ne s’inquiète pas parce que son coeur est assez grand pour les aimer tous les deux. 

Imaginez cela dans votre relation de couple. Comment vous sentiriez-vous ? 

Et alors, là, vous dites  que cette troisième personne est méchante, que vous avez envie de lui faire du mal et la première personne vous dit « arrête un peu tu veux, je ne veux pas entendre des mots pareils, cette nouvelle personne, tu dois l’aimer ». 

Bon, ça donne encore moins envie de l’aimer. 

Ce que je vais dire ensuite rejoint ce que je disais dans l’épisode 4, l’accueil des émotions. Un enfant ou un adulte d’ailleurs n’est pas obligé de ressentir ce qu’il devrait ressentir. Un frère ou une soeur n’est pas obligé.e d’aimer son frère ou sa soeur. Ça parait étrange quand je le dis mais c’est vrai ! Vous, vous n’appréciez sûrement pas tout le monde. Il y a sûrement des personnes de votre entourage que vous n’appréciez pas, même des personnes de votre famille plus éloignée. Le caractère, les affinités, les centres d’intérêts,  ça ne se commande pas. Donc, donnez-leur aussi ce droit. 

Et ils ont le droit de dire que leur frère ou soeur les agace, qu’ils sont pénibles, qu’ils voudraient qu’ils ne soient pas là. 

Je comprends que ça ne vous fasse pas plaisir mais ils ont le droit de ressentir de la haine ou de l’indifférence envers leur frère ou soeur et surtout, ils ont le droit de le dire. Il vaut mieux d’ailleurs que ce ressentiment soit exprimé plutôt qu’il soit enfoui. Je préfère toujours que les enfants s’expriment plutôt qu’ils se taisent. 

Donner pareil, c’est donner moins. 

Quand j’ai lu ça, je me suis dit. Mais comment ? Donner pareil, c’est justement pareil, c’est le propre de l’équité. Ensuite, j’ai compris. J’ai compris que nous, nos enfants, tout le monde, ne veut pas être aimé car ils sont la copie conforme de quelqu’un d’autre. Ils veulent être aimés par ce qu’ils sont eux, un être unique. 

Si vous partagez un gâteau entre vos deux enfants, les parts ne seront pas exactement égales. Et cela pourrait créer une dispute entre les deux enfants parce que l’un d’entre eux aura reçu une plus petite part que l’autre. La demande de l’enfant qui râle cache un besoin. Il peut avoir encore faim. Et donc, vous pouvez lui proposer autre chose à manger. 

Tout n’est pas une question de moins, plus ou égal mais tout est une question d’assouvir un besoin. Si l’un de vos enfants a besoin un peu plus de vous, accordez-le lui. Si l’un de vos enfants a plus faim que l’autre, rajoutez une portion. 

Et surtout, vos enfants ne veulent pas être aimés de la même façon. Ils veulent être aimés pour leur unicité. Donc ne leur dites pas « le coeur de maman/papa est assez grand pour vous tous ». Ce n’est pas tout à fait vrai. Est-ce que vous aimez autant deux choses identiques ? 

Par exemple, deux paires de chaussures pour prendre un exemple assez misogyne. Qu’est-ce que vous ressentiriez si vous aviez deux paires de chaussures identiques ? Ça ne sert à rien, n’est-ce pas ? Mais si vous avez deux paires assez semblables mais avec quand même des différences et que vous pourriez porter celle-là avec tel pantalon et l’autre paire avec telle robe, par exemple, là c’est différent. Bon, j’arrête avec cette métaphore douteuse. Tout ça pour vous dire que vos enfants sont uniques, mêmes s’ils sont très semblables. Donc dites-leur que vous les aimez parce que ceci ou parce que cela. Vous pouvez leur dire que vous les aimez parce qu’ils sont eux-mêmes, parce que personne d’autre dans le monde n’est comme eux, avec leur sourire, leur réaction…

Ne donnez pas d’étiquette à vos enfants

Alors, les étiquettes, j’en ai déjà largement parlé dans l’épisode 7. J’avais expliqué que lorsque l’on donne une étiquette à un enfant, lorsqu’on lui donne un rôle, il a tendance à rester dans ce rôle, à être enfermé dans cette étiquette. J’avais parlé de celle du méchant, du timide, du sage, etc. Et j’avais rapidement évoqué celle de l’ordre de la fratrie. Le grand frère ou la grande soeur, celle ou celui du milieu, le petit dernier ou la petite dernière… Ce sont également des étiquettes. 

J’en profite pour parler également des comparaisons entre frères et soeurs. « Comment ton frère arrive-t-il à ranger ses chaussures alors que toi tu en es incapable ? », « Tu t’appliques bien mieux que ta petite soeur »… Ce mécanisme de comparaison vise à souligner le comportement approprié que l’un de vos enfants a et pour que l’enfant qui ne fait pas ce que vous souhaitez qu’il fasse prenne exemple sur l’autre. Je dirais que ça part d’un bon sentiment. Mais celui qui se fait critiquer, ne pensez-vous pas qu’il va en vouloir à son frère ou à sa soeur ? Un peu comme à l’école où lorsque le bon élève répond à toutes les questions, les élèves moins bons se sentent idiots. L’intello de service, donc, celui qui sait tout, ne le fait sûrement pas exprès mais renvoie aux autres l’image de leur ignorance et de leur valeur moindre. Comment alors, ne pas détester l’intello ? 

De la même manière, comment ne pas détester son frère ou sa soeur qui fait tout mieux que soi ? 

Sortez de ce mécanisme, les relations entre frères et soeurs en seront apaisées. Comment faire ? Adele Faber et Elaine Mazlish nous conseillent de constater simplement ce qui se tient devant nous, que ça nous convienne ou pas.  

Au lieu de « tu as fini tes devoirs avant ton frère ». Juste dire « Tu as fini tes devoirs ». 

Ou « pourquoi ton frère arrive-t-il à ranger ses chaussures et pas toi ? », dites simplement « tes chaussures ne sont pas rangées ». 

Je conçois que ce ne sera pas évident et que c’est une nouvelle habitude à prendre, surtout si vous-mêmes, vous avez été élevé.e ainsi, mais c’est vraiment très important. Faites l’essai et constatez ce qui se passe. 

Comment gérer les disputes entre frère et soeur ?

Quand vos enfants se disputent, j’imagine que ça arrive souvent, pour des affaires d’état telles que « ce cube-là était à moi » ou « elle m’a piqué mes crayons de couleur »… comment réagissez-vous ? 

Est-ce que vous prenez parti ? Est-ce que vous réprimandez le « bourreau » et que vous consolez la « victime » ? Est-ce que vous donnez raison à l’un et tort à l’autre ? 

Si vous faites cela, c’est votre fonctionnement par défaut et sûrement un comportement que l’on vous a montré sûrement lorsque vous vous disputiez avec vos frères et soeurs étant petits. 

Mais, ce comportement ne fait qu’exacerber les tensions. Tout comme les comparaisons. Aux yeux d’enfants qui se disputent, si l’adulte intervient et qu’il donne raison à l’un, l’autre se sentira forcément lésé et il n’aura que l’envie de se venger… Résultat, les tensions sont un peu plus fortes qu’avant. 

Adele Faber et Elaine Mazlish proposent une autre façon de faire que je trouve efficace. Je l’utilise moi-même quotidiennement. Lorsque des enfants se disputent, aidez-les à trouver des solutions à leur problème. Bien sûr, il faut prévenir du danger et fixer des limites. Cela, vous le faites en permanence, pas seulement quand il y a une dispute. Il s’agit du cadre que vous fixez de façon permanente. Je vous renvoie pour cela à l’épisode 8, dans lequel je vous parle justement du cadre. Vous pouvez aussi intervenir pour séparer les enfants ce qui leur permet de prendre un temps de pause : toi, tu vas dans telle pièce et toi, dans l’autre, sans privilégier personne. Si l’objet de la dispute était qu’ils voulaient tous les deux aller dans une pièce, si vous ordonnez à l’un d’entre eux d’aller dans cette pièce, forcément, ça va l’avantager et vous aurez raté votre désir d’impartialité. 

Mais, pour le reste, laissez-les se débrouiller. C’est une super compétence à avoir et à enseigner. Deux personnes veulent des choses différentes (sinon il n’y aurait pas de désaccord), comment faire ? Quel compromis peuvent-ils trouver ? Quelles concessions peuvent-ils faire ? 

Pour cela, rappelez les faits. 

Je vous donne un exemple qui sera sûrement plus parlant. 

« Louis, tu veux le crayon de couleur rouge pour colorier les pommes de ton arbre et toi, Mathilde, tu le veux aussi pour colorier les pétales de ta fleur. Comment pouvez-vous faire ? » 

Selon l’âge des enfants ou leur créativité, ils vous répondront avec des idées ou alors, ils vont vous dire « je ne sais pas » et ce sera à vous de le proposer. Par exemple : « les pommes et les pétales ne sont pas forcément rouges. De quelle autre couleur pouvez-vous les colorier ? » 

crier sur ses enfants

Les cris emplissent la maison et provoquent une mauvaise ambiance ? 

Ce n’est pas une fatalité !

Les règles pour arrêter de crier, picto avec un adulte qui crie sur un enfant

En suivant les 5 règles que j’ai regroupées dans ce guide gratuit, votre famille va retrouver calme et sérénité avec facilité.