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Episode 11 – Être débordé.e

Il faut savoir que c’est le premier épisode que j’ai écrit, quand ce podcast n’était encore qu’un doux rêve. Preuve que c’est un sentiment que j’ai beaucoup expérimenté. Je le ressens encore aujourd’hui. Tout n’est pas derrière moi, ce sentiment ne sera jamais derrière moi, je crois, mais je me sens moins dépassée par celui-ci. 

La sensation d’être débordé peut avoir une intensité variable. Le fait d’avoir beaucoup de choses à faire, d’être toujours dans le mouvement, peut très bien nous convenir. Mais, lorsqu’une personne dans un couple ou lorsqu’un parent isolé  se sent débordé, n’en peut plus, est au bord de la crise de nerf, du craquage ou du burn out parental, il est temps d’agir. Je dirais même que c’est un peu trop tard. Je ferai un épisode dédié au burn out parental car cette question mérite bien un épisode en entier !

C’est quelque chose qui est vraiment réel pour la personne qui ressent ça. Elle se sent seule, incomprise, déçue que les autres personnes du foyer ne tiennent pas compte de son ressenti ou l’ignore. C’est usant pour cette personne. Elle use sa patience, sa santé, la relation avec les gens avec qui elle a décidé de faire sa vie. 

Et ça peut donner lieu à des choses plus graves comme une dépression, une séparation…

Lorsqu’une personne de la famille se sent ainsi, ça a forcément des répercussions sur le reste de la famille car cette personne est aigrie, moins patiente, peut-être qu’elle crie plus… Et elle profite moins, elle apprécie moins les moments de détente, de convivialité, de retrouvailles car elle a toujours en tête tout ce qu’elle a à faire, qui l’attend et qui ne sera pas fait si elle ne le fait pas elle-même. Ainsi, les temps de « détente » sont toujours « gâchés » pour la personne qui se trouve débordée. 

Mais, j’ai une bonne nouvelle : le fait de se sentir débordé est une émotion que l’on crée nous-mêmes grâce à nos pensées. Je vous ai déjà parlé de cela dans l’épisode 2 « la question du bonheur » donc je vous invite à l’écouter ou le réécouter pour avoir plus de détails à ce sujet. Je vais quand même développer succinctement cette idée. Par exemple, lorsque l’on voit la pile de linge sale qui attend d’être lavée, le repas à préparer, les courses à faire et tout un tas d’autres choses à faire, on se dit « Oh la la, je ne vais jamais y arriver, je vais devoir faire des tâches ménagères jusqu’à tard ! » Sans compter qu’il y a aussi peut-être une fatigue physique qui s’ajoute à tout cela… En général, ça va avec. 

Or, si lorsque l’on voit la pile de linge sale, le repas à préparer, les courses à faire, on trouve une pensée alternative, l’émotion sera différente et on ne se sentira pas débordée. La pensée alternative peut être par exemple « je fais une chose à la fois », « j’ai le temps », « quand ce sera fait, je n’aurai plus à le faire »… 

Cette pensée alternative va nous aider à nous sentir mieux. 

Mais si on est débordé, c’est sûrement aussi parce que l’on a trop de choses à faire par rapport au temps dont on dispose (ça c’est mon problème j’aimerais que les journées soient plus longues, que j’aie plus d’énergie pour pouvoir faire plus de choses. Je règle ce problème en acceptant que les journées ne fassent que 24 heures, que je n’aie pas toujours la pêche et que j’en fasse déjà pas mal !). Ça peut être aussi que l’on veut mettre à disposition plus de temps que l’on a pour certaines tâches. 

 

Comment fait-on pour ne plus se sentir débordé ?

La situation est évidemment différente si on est en couple ou si on est parent solo. Quoique, dans certaines situations, on peut mettre à contribution les enfants et ce, dès leur plus jeune âge. Je vais y revenir. 

Il s’agit de faire une liste de ce qui remplit nos journées. Vous allez écrire avec un tiret, ou un chiffre devant, absolument tout ce que vous faites et vous allez chronométrer chaque chose pour donner un temps. 

Par exemple : 

  • préparer le petit déjeuner et le manger : 15 minutes, 
  • emmener les enfants à l’école : 20 minutes, 
  • travailler : 8h, 
  • rentrer à la maison dans les bouchons : 50 minutes, 
  • prendre une douche : 15 minutes, 
  • lire : 30 minutes, 
  • dormir : 8 h, etc.

Il faut que le total fasse 24 heures. 

S’il y a des choses qui ne sont pas quotidiennes mais hebdomadaires ou mensuelles, vous pouvez aussi le noter à côté. Vous pouvez également faire une journée type des jours chômés. Vous notez aussi les deux heures de sport que vous faites dans la semaine ou le diner entre copain.e.s.

Vous faites ensuite une seconde liste sur laquelle vous notez tout ce que vous aimeriez faire mais pour lequel vous n’avez pas le temps et le temps correspondant. 

Par exemple : 

  • jouer au piano : 30 minutes, 
  • dormir plus : 2 heures, 
  • prendre un cours de danse : 1h30. 

Dans la première liste, celle sur laquelle vous avez répertorié toutes les choses que vous faites, vous allez catégorisez les items de différentes manières. Chaque item peut se retrouver dans plusieurs catégories. 

  • Catégorie 1 : ce qui peut être fait seulement par vous : dormir, se laver, manger, faire la lessive si personne d’autre que vous ne sait la faire…
  • Catégorie 2 : ce qui peut être fait par d’autres personnes que vous : faire la vaisselle, vider le lave-vaisselle, ranger le linge dans les armoires de chacun…
  • Catégorie 3 : ce qui est essentiel et doit obligatoirement être fait : prendre sa douche, dormir, préparer le repas…
  • Catégorie 4 : ce qui n’est pas essentiel et si ce n’est pas fait, ce n’est pas grave : repasser les vêtements des enfants, faire la poussière sur les meubles tous les jours, laver les meubles de cuisine tous les jours…

Encore une fois, mais vous commencez à avoir l’habitude, tout cela est complètement personnel. Si vous pensez que repasser les vêtements des enfants est essentiel, je vous en prie, ne vous sentez pas visé.e par un quelconque reproche. Je prends des exemples pour mieux illustrer mon propos mais il n’y a rien de péjoratif dans ce que je dis. 

Les catégories 1 et 3 (ce qui peut être fait seulement par vous et ce qui est essentiel) se recoupent partiellement. Les éléments qui les composent resteront tels quels, on n’y touche pas. Encore que, les compétences peuvent être apprises par d’autres membres de la famille comme faire une lessive, la vaisselle… Mais je pense que ce travail devrait être fait dans un second temps, à plus long terme. 

Car tout de suite, ce que l’on peut faire et qui va avoir un effet immédiat, c’est de répartir équitablement les tâches de la catégorie 2, c’est-à-dire les choses qui peuvent être faites par d’autres personnes que vous-même. Et ici, tout le monde peut participer : les deux parents et tous les enfants, même s’ils sont petits. 

A 2 ans, on peut déjà ranger le livre qui traîne par terre dans la bibliothèque, on peut mettre le linge sale dans le panier et ses chaussures dans le placard. 

A 5 ans, on peut mettre la table et débarrasser ses couverts à la fin du repas. 

A 9 ans, on peut vider le lave-vaisselle et passer le chiffon à poussière sur les meubles. 

A 11 ans, on peut passer l’aspirateur.

A 13 ans, on peut faire la vaisselle et changer ses draps en autonomie. 

A 16 ans, on peut nettoyer le lavabo de la salle de bain…

Bref, à n’importe quel âge, on peut faire des tâches ménagères ce qui va avoir pour effet immédiat de décharger les parents. 

Concernant la catégorie 4, c’est-à-dire les tâches qui ne sont pas essentielles, vous allez mettre toutes ces tâches, tous ces items, de côté. Vous allez tout simplement arrêter de les faire ! Ou les faire mais de façon plus espacée ! Si vous laviez vos meubles de cuisine tous les jours, vous pouvez le faire toutes les semaines, voire tous les 3 jours si on veut faire un pas en avant un peu moins grand. 

Car, gardez bien en tête que notre temps sur terre est compté. Le temps est une ressource épuisable et non renouvelable. Et si on l’utilise en faisant des choses non essentielles au lieu de faire des choses essentielles pour nous, on le gaspille. Je vous renvoie à ce sujet à l’épisode 10 « garder de vue l’essentiel » dans lequel je vous parle de deux outils pour définir quel est votre essentiel et si vous y consacrez assez de temps. 

Autorisez-vous à prendre du temps pour vous !

En répartissant plus équitablement les tâches de la catégorie 2, et en supprimant les tâches de la catégorie 4, on va réussir à se libérer du temps pour les activités de la seconde liste, la liste des choses que l’on aimerait faire. Si on arrive à avoir trois heures en moins par semaine de tâches ménagères, c’est trois heures de plus par semaine à consacrer à ce qui nous fait du bien. Et je vous garantis que si vous vous faites du bien en faisant du sport, du piano, de la lecture, en dormant, en discutant avec vos amis, ou que sais-je encore, toute la famille en profitera. La famille sera plus équilibrée car chaque membre sera plus épanoui. Ainsi, la personne qui était débordée sera plus présente pour les moments liants et indispensables comme faire un jeu de société, une balade en vélo…

Et ensuite, on pourra apprendre aux autres membres de la famille de nouvelles compétences comme je ne sais pas, cuisiner un plat de lasagnes… C’est peut-être un peu ambitieux ! Mais, préparer les lessives, étendre le linge, n’importe quoi qui pourrait être réparti différemment pour vous libérer du temps à vous !

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