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Episode 3 – Quand l’enfant fait une crise…

Aujourd’hui, nous allons parler de la crise de colère, de nerf. De l’enfant, pas du parent. 

Je définis ça comme une grosse colère. Qui sort d’on ne sait où, qui est soudaine et dévastatrice. Et qui part d’un rien. D’une fin de bouteille de jus d’orange, ou de ketchup, de la demande de se laver les mains, de venir à table, de ranger ses jouets, ou de bien moins que ça, un dessin animé qui ne passe plus à l’heure habituelle, d’un jeu dont une pièce est perdue… 

Et face à cette crise qui survient, l’adulte est souvent désemparé. Il ne comprend pas pourquoi l’enfant se met dans un état pareil, aussi disproportionné par rapport à la situation. 

Pour peu que l’adulte lui-même soit dans une humeur négative, à cause de la fatigue, du stress, d’une contrariété de la journée, la situation dégénère. On se retrouve à perdre les pédales, à hurler sur son enfant, à le punir voire à le frapper. Tout cela est très énervant et nous laisse vidé de notre énergie. 

Bref, tout le monde est perdant. 

Ce sont des crises qui surviennent en général entre l’âge de 3 à 5 ans. Ça peut être un peu avant ou un peu après, avec les enfants il n’y a que des généralités, pas de règles. 

C’est, en général, plus courant chez les enfants qui n’ont pas les mots ou pas l’habitude d’exprimer leur ressenti. Ils ont plein d’émotions en eux qui débordent, qu’ils ne savent pas gérer et ils perdent complètement la maîtrise de ce qu’ils ressentent et la crise éclate. 

Je précise qu’il est complètement normal pour un enfant de cet âge de ne pas maîtriser ses émotions, de ne pas les reconnaître, de ne pas savoir les gérer. Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai longtemps eu du mal avec ça !

Que se passe-t-il quand l’enfant fait une colère ? 

Le cerveau est constitué de trois parties. 

Le cerveau reptilien qui commande nos besoins primaires, le système de base : respirer, manger, boire. 

Ensuite, il y a le cerveau limbique qui est le siège de la mémoire, de l’olfaction et de nos émotions.

Et enfin, il y a le néocortex qui est le siège des fonctions plus évoluées comme le langage, la réflexion, la commande de mouvements volontaires, la conscience…

En temps normal, nous n’avons pas besoin de se rappeler de respirer, notre cerveau reptilien s’en charge. Et lorsqu’il y a un danger pour notre survie, c’est lui qui passe en action : fuir, courir…

Et nos émotions, telle la peur, la joie, le plaisir, la colère, la frustration, l’amour, etc., sont générées  par notre système limbique et elles sont également régulées par le néocortex. Le néocortex nous permet de se raisonner, de se calmer, de tempérer les émotions que nous éprouvons. 

Quand la crise arrive, c’est le néocortex qui se déconnecte pour laisser le champ libre aux cerveaux limbique et reptilien. C’est vraiment un switch dans le cerveau.

Et une fois qu’il est déconnecté, pour que le néocortex se reconnecte, c’est coton !…

En général, il faut du temps, il faut que les émotions se libèrent, fassent leur chemin vers la sortie. 

Physiquement, ça se traduit par des cris, des hurlements, des pleurs, des coups, des jets d’objets, peut-être même aussi par des atteintes à son propre corps, peut-être que l’enfant qui est en crise se tape la tête contre un mur ou autre… 

Bref, c’est une des pires situations à vivre en étant parents. On se retrouve complètement démunis sans savoir quoi faire, comment réagir, on est nous-mêmes débordés par ces émotions qui déferlent.  D’autant qu’on ne les comprend pas, on ne comprend pas ce qui se passe parce que la crise est partie d’un élément si futile, si dérisoire. 

Et encore, si l’enfant ne fait que crier, c’est à peu près gérable, mais s’il détruit la maison ou tape ses frères et soeurs ou ses parents ou se fait du mal lui-même, ça peut devenir franchement insupportable. 

Alors, quand la crise est là, il faut attendre qu’elle passe. Elle finira forcément par passer. Ça, c’est une certitude. Et, en attendant, eh bien, il faut gérer. 

Si l’enfant se montre violent, il vaut mieux le contenir. Ils détestent ça, ils ne peuvent pas laisser s’exprimer leurs émotions, ils doivent les gérer en eux et c’est beaucoup plus dur pour eux que de se lâcher. Vous pouvez le contenir physiquement. Donc là, il faut y aller carrément. Je me rappelle m’être mise à califourchon sur mon fils, lui tenant les bras. Il hurlait pendant que je le maintenais.  Il se débattait. Ce n’était pas de bons moments ! Mais si l’agressivité des enfants s’exprime en tapant, en lançant des objets…, ils n’arriveront pas à gérer leur frustration eux-mêmes, sans cette décharge. Pour eux, la gestion de la colère passera forcément par des coups, des jets d’objets, etc. Et nous, en tant que parents, la meilleure chose à faire est de leur apprendre à gérer différemment leur colère. 

Après la crise

A la fin de la crise, tout le monde est épuisé ! Il n’est pas rare que l’enfant s’endorme dans un coin, parfois improbable. Il recharge les batteries. Bien sûr, pour nous, adultes, nous ne pouvons généralement pas piquer un petit somme entre deux tâches à accomplir pour se recharger. On attend patiemment la fin de la journée pour enfin aller se coucher et passer à autre chose. 

Et d’ailleurs, en plus de tout cela, on se sent peut-être être un mauvais parent. Être incapable de maîtriser son enfant, être incapable de ne pas se faire taper par son enfant. On peut se sentir nul de chez nul. On peut trouver que notre enfant, qui vient de faire une crise, est vraiment difficile par rapport à tous les autres enfants. Et d’ailleurs, si on a un enfant aussi difficile c’est que quelque chose cloche chez nous, non ? C’est pas une preuve ça ? 

Bref, quand ces crises sont fréquentes, ça plombe franchement le moral, et les relations avec notre enfant en prennent un coup. C’est comme une spirale dans laquelle on s’enfonce pour arriver à un point vraiment noir, vraiment au fond du trou. 

J’ajoute que quand on est seul face à une crise de ce genre, c’est d’autant plus difficile à gérer. Seul tout le temps car on est parent solo ou seul car l’autre parent est absent à ce moment-là. 

Quand on est deux, encore, on peut se relayer. Le parent qui a le plus de patience à ce moment-là, prend le relais sur l’autre. Et, d’ailleurs, il faut que le deuxième parent intervienne. C’est dans ce genre de moment que le duo parental doit se serrer les coudes, que les deux parents doivent être là l’un pour l’autre. 

Alors, maintenant que j’ai bien décrit la situation cauchemardesque de la crise, voyons comment nous pouvons faire pour passer un moment moins désagréable voire un moment agréable. 

Comment éviter que votre enfant fasse une crise ?

Je vous préconise d’abord de créer un environnement calme, par défaut. C’est la base. N’oubliez pas que les enfants apprennent le mieux par l’imitation. Par les fameux neurones miroirs. Si vous-même êtes calme, si à la maison personne ne crie de façon habituelle, ce sera pour l’enfant un environnement favorable à l’absence de crise. 

Ensuite, observez attentivement votre enfant et prêtez une attention particulière au moment précédant la crise. Dans quel état est votre enfant ? Est-il fatigué ? Est-il contrarié par quelque chose ? S’est-il si bien tenu toute la journée qu’il doive décharger le soir en rentrant à la maison ? Est-il déçu de ne pas avoir fait ou eu quelque chose de prévu ? A-t-il patienté trop longtemps par rapport à son taux de patience habituel ? 

Vous allez vite repérer les moments qui sont générateurs de crise et les comportements qui sont précurseurs de la crise. 

Et vous allez ainsi pouvoir détourner l’attention de l’enfant. Vous allez pouvoir trouver une parade. En fonction de ses besoins, vous allez lui proposer de jouer à un jeu de société, de jouer à la bagarre, d’aller jouer dehors… Toutes les idées sont bonnes à prendre, du moment qu’elles fonctionnent. Alors, bien sûr, il va peut-être falloir vous « forcer » un peu pour faire des activités que vous n’avez pas le temps de faire ou pas envie. Par exemple, je vous ai cité l’exemple de jouer à la bagarre. Personnellement, je déteste jouer à la bagarre. Mes enfants, eux, adorent et ils font plutôt ça avec papa. Mais quand il n’est pas là et que c’est le prix à payer pour éviter une crise telle que je vous l’ai décrite précédemment, franchement, ça vaut le coup ! 

Par contre, je vous déconseille fortement de mettre votre enfant devant la télé dans ces moments-là. Devant la télé, il va paraître calme, être concentré par ce qu’il regarde mais c’est un calme de façade. Ça ne fera que décaler le moment fatidique de décharge émotionnelle et donc de la crise. 

Et quand malgré tout cela, la crise éclate quand même, tout d’abord et pendant toute la durée de la crise, gardez votre calme. Si vous vous énervez, si vous vous mettez en colère, à crier ou à mettre des fessées à votre enfant, n’oubliez pas le fonctionnement des neurones miroirs. Un comportement va induire le même. Si vous criez c’est exactement l’effet inverse de l’effet recherché qui va se produire. 

Et, je vous préconise de trouver une parade à pouvoir exécuter rapidement. Ça peut être « ouh la la, je sens que tu vas faire une colère, va donc crier dans ta chambre si tu as besoin, ou taper sur un punching ball ou un coussin de décharge, sort dans le jardin courir partout…. ». On peut accompagner l’enfant dans cette démarche. Progressivement, le simple fait de le prévenir qu’une colère est en train d’arriver, va le faire réagir positivement et soit il va lui-même se décharger, soit la colère va s’éteindre avant même d’avoir commencé. 

Mais, quand la colère éclate tout de même, un mot d’ordre, restons calme ! Et, comme je vous l’ai dit, contenons notre enfant pour limiter son agressivité. 

Et ensuite, alors pas tout de suite après, mais quand la tension est bien retombée, ça peut être le lendemain, parlons-en avec notre enfant. 

On peut lui demander ce qu’il s’est passé. Pourquoi il a réagi ainsi ? Est-ce qu’il y a eu dans la journée d’autres contrariétés ? Qu’est-ce qu’il a ressenti en lui/elle au moment où la colère a éclaté ? 

Toutes les questions qui vous feront mieux comprendre les raisons qui ont fait qu’une colère a éclaté pour ensuite les prévenir et mieux les gérer.

Si vous expliquez à votre enfant les émotions qu’il a ressenties, que vous les décryptez avec lui et que vous cherchez la cause de sa colère, il va se sentir compris. Et, quand on se sent compris, on arrive mieux à gérer ses émotions. 

Je pense que vous aurez également remarqué que lorsqu’on est fatigué, nous arrivons moins bien à gérer nos émotions et c’est la même chose pour les enfants. Lorsqu’ils sont fatigués, la crise éclate plus facilement. 

On peut d’ailleurs demander à notre enfant quelle parade à sa colère il trouverait adéquat. Vous pouvez utiliser l’outil DESC que je vous ai décrit dans l’épisode 1. Qu’est-ce que papa/maman peut faire pour toi quand tu te mets dans cet état-là ? De quoi as-tu besoin lorsque tu es dans cet état-là ? 

On peut aussi se trouver dans la situation où, si on fait quelque chose avec notre enfant, aller au parc, allumer la télé, faire une sortie quelconque, inviter un copain ou une copine à la maison, on sait qu’après, il y a de fortes chances pour qu’une colère éclate. Dans ce cas, je préconise d’en discuter avant avec l’enfant. « Là, on va au parc. On va y rester une heure et ensuite on partira. Je te préviendrai un peu avant de partir et quand je dis qu’on part, on part. Dans ce genre de cas, je sais que c’est difficile pour toi d’obéir, de te montrer raisonnable. Mais je vais t’aider à gérer ce moment difficile. Par contre, il faut que tu me dises, qu’est-ce qu’on fait si tu te mets en colère ? Qu’est-ce que toi tu fais et qu’est-ce que moi je fais ? » 

Je vous conseille de ne pas aller au parc avant d’avoir eu votre réponse. Si, lorsque vous quittez le parc, vous sentez le début d’une colère arriver, vous lui rappelez la conversation et les règles que vous vous êtes fixées avant. Il faut que l’enfant soit encore calme, que son néocortex ne se soit pas encore déconnecté. 

Alors toutes ces petites astuces ne vont pas fonctionner en un claquement de doigt. Il va probablement falloir du temps avant que les choses ne s’améliorent vraiment. Les enfants ne sont pas des machines, tout ce que je vous dis ne va pas marcher du premier coup. Ou, peut-être que ça va marcher une fois, voire plusieurs fois de suite et une autre fois, eh bien, ça ne va pas fonctionner… La vie est ainsi. 

Si vous rencontrez ces situations, gardez espoir, la situation va s’arranger. Si vous mettez tout ça en place et que vous vous y tenez, les colères vont diminuer, pour finalement disparaître. Mais surtout, la chose à laquelle vous devez absolument vous tenir et qui est sans doute la chose la plus difficile à faire est de garder votre calme en toutes circonstances. 

Donc pour résumer : 

  • la crise est un évènement difficile pour tout le monde. 
  • Instaurez un climat de calme et d’écoute en permanence. 
  • Il vaut mieux prévenir que guérir en évitant la crise plutôt qu’en devant la gérer. 
  • Pour la prévenir, nous portons attention au comportement de notre enfant et nous remarquons les signes précurseurs de la crise. 
  • Lorsque l’on sent poindre la crise, nous détournons l’attention de l’enfant. 
  • Et, lorsque la crise est là, nous commençons par garder notre calme et nous gérons. Par tout moyen. Le plus extrême étant de contenir l’enfant.
  • Après la crise, ou après son évitement, nous pouvons débriefer avec son enfant pour essayer de comprendre ce qui s’est passé afin d’apprendre à gérer ses émotions et essayer d’en tirer des leçons pour la suite. 

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