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Episode 77 – Mon enfant est insolent ou répond

Certain.e.s de mes coaché.e.s croient que la crise d’adolescence commence vers 12/13 ans et que c’est seulement à ce moment-là que les enfants vont vous dire un « oh c’est bon ! » dès que vous allez leur demander quelque chose et qu’ils ne vont vous répondre qu’à partir de cet âge-là. Que nenni ! Je suis désolée de vous le dire mais la crise d’adolescence comme on l’entend n’a pas de début ni de fin en réalité. Tout au long de l’enfance, notre enfant se développe, se construit, fait des expériences, s’affirme et ça peut donner lieu à de l’insolence et de la réponse dès le plus jeune âge.

Il y a quand même un terrain encourageant l’insolence et la réponse. Avant de vous en parler, je voudrais vous préciser une chose. C’est que si vos enfants se montrent insolents, c’est que vous leur avez donné la possibilité de s’exprimer. Je m’explique : peut-être avez-vous été élevé.e de la manière suivante : 

  • vous n’aviez pas le droit de ressentir des émotions. Ça se traduisait par des remarques telles que « arrête ton cinéma », « ce n’est pas si grave », le classique « ce n’est rien », « t’en fais pas un peu trop ? », « mais non ! », etc. Et il y avait aussi le « c’est comme ça et puis c’est tout » qui mettait fin à toute discussion, à toute explication, à toute compréhension. 
  • vous ne pouviez pas vous exprimer, expliquer les raisons de vos faits et gestes, questionner des ordres/demandes…

Si vous avez été élevé.e de cette façon-là, vous deviez vous effacer, vous n’aviez pas le droit d’avoir des avis différents de vos éducateurs, vous ne pouviez rien dire. Il y a évidemment des degrés, c’est-à-dire que vos parents pouvaient vous sortir ce genre de remarques tout le temps ou en certaines occasions et pas en d’autres ou seulement rarement. Je ne dis pas que tout était forcément noir. 

Mais le fait est que vous ne pouviez pas vous exprimer. Donc vos parents commandaient et vous n’aviez pas d’autre choix que d’obéir avec, j’imagine, des punitions en cas de désobéissance. 

Deux choix s’offraient alors à vous : soit vous étiez docile avec des effets négatifs sur votre gestion des émotions et votre estime de vous ; soit vous vous rebelliez avec des conséquences telles que des privations ou des punitions. Dans les deux cas, vous aviez une relation avec vos parents pas vraiment fondée sur le respect mutuel et donc une relation abîmée. 

Ce qui veut dire que si vos enfants sont insolents avec vous ou vous répondent, c’est que vous leur permettez de s’exprimer. Et c’est toujours, toujours mieux que de les faire taire, même si ce qu’ils vous disent ne vous plaît pas. Il vaut mieux que ça sorte plutôt que ça reste dedans, dans leur tête, à ruminer, à ne pas comprendre… Au moins là, la communication n’est pas rompue. 

Est-ce que ça signifie qu’il faut accepter que vos enfants vous parlent de façon non respectueuse ? Non, pas du tout. Il faudra réorienter le vocabulaire, le ton, la façon de s’exprimer mais je vous recommande de laisser s’exprimer vos enfants ! 

Un peu plus tôt, je vous parlais du terrain. J’entends par là l’environnement dans lequel l’enfant évolue. C’est-à-dire que vous ne voulez pas que votre enfant utilise des mots grossiers, ok, mais vous, les utilisez-vous ? Comment parlez-vous des autres ? Quel vocabulaire employez-vous ? Il faudra faire la même analyse avec les grands frères et grandes sœurs qui, selon leur âge, pourraient avoir un vocabulaire plus fleuri. 

Comment aussi vous parlez-vous entre vous ? Avec votre conjoint.e, avec les autres membres de votre famille… ? Quand vous êtes en colère, comment réagissez-vous ? 

Tout cela est un exemple pour votre enfant ! Les neurones miroirs sont toujours à l’œuvre donc tout ce que vous faites et dites sont un exemple pour vos enfants. Encore une fois, si vous voulez modifier un comportement chez vos enfants, modifiez-le d’abord chez vous. Ils vous suivront. 

Comment faire pour que mon enfant ne soit plus insolent ? 

Si vous avez un vocabulaire fleuri, comme je viens de vous le dire, je vous préconise dans un premier temps de l’abandonner. 

Je pense aussi qu’il ne faut pas s’offusquer de trop. Il y a beaucoup d’enfants, surtout les jeunes enfants, qui testent. C’est-à-dire qu’ils vont vous parler, je pense, comme ils ont entendu à l’école par exemple ou de vous-même d’ailleurs, et qu’ils attendent de voir l’effet que ça va produire. Évidemment, les premières fois sont cruciales : si vous laissez passer ou si vous vous amusez de cette façon de parler non respectueuse, votre enfant va se dire que c’est autorisé et il va le refaire. Si vous expliquez, à ce moment-là, que cette façon de s’exprimer n’est pas autorisée, de façon calme, sans monter au créneau, votre enfant va comprendre que ce n’est pas une façon adéquate de parler. De plus, si votre enfant comprend que cette façon de s’exprimer vous fait sortir de vos gonds, il va l’utiliser exactement pour cette raison. Il ne faut pas laisser l’insolence passer pour autant ! Il faut être ferme et calme. 

Ensuite, vous pouvez expliquer à votre enfant qu’il a le droit de ressentir telle ou telle émotion, et qu’il a le droit de l’exprimer mais qu’il y a une façon de faire. Vous pouvez lui proposer d’autres mots plus adéquats. 

Dernièrement, mon fils m’a dit que j’étais chiante. Je n’avais absolument pas le droit de dire ça à mes parents et ça peut choquer certaines personnes qu’il me le dise. J’avoue que, moi-même, ça m’a surpris et que je n’ai pas vraiment apprécié. Qu’est-ce que j’ai fait ? Eh bien, j’ai compris que je pouvais être chiante pour lui. C’est vrai que je lui demandais des choses qui le contrariaient et qu’il n’avait pas envie de faire. Donc j’ai commencé par comprendre son émotion, son ressenti. Puis, je lui ai dit que « chiante » était un mot familier, grossier et qu’il n’avait pas le droit de le dire. Je lui ai dit qu’il pouvait dire que j’étais agaçante ou mieux, qu’il était agacé. Cette dernière formulation permet d’éviter le fameux « tu qui tue » et de recentrer l’émotion qu’on ressent sur soi et pas sur les évènements extérieurs. C’est une compétence de communication à avoir dès le plus jeune âge ! 

Donc voilà, quand votre enfant est insolent, vous dit des mots irrespectueux, ne le renvoyez pas dans ses 22, ne le faites pas taire. À la place, essayez de recadrer le vocabulaire et le ton employé. 

Ça ne signifie pas que vous devez accepter que votre enfant vous manque de respect, pas du tout ! Soyez ferme sur ça. Vous pouvez même dire à votre enfant que tant qu’il vous parlera de cette façon-là, vous ne l’écouterez pas. Ça risque de l’agacer, je vous préviens ! Mais avant de couper la communication, donnez-lui les clés d’une meilleure communication. Même dans ces moments-là, soyez son guide, accompagnez-le pour qu’il réussisse à s’exprimer de façon respectueuse. 

C’est un peu comme la gratitude. Beaucoup de mes coachés regrettent l’ingratitude de leur enfant. Mais la gratitude n’est pas une science infuse. Ça demande de l’apprentissage, de l’initiation. Vous avez besoin de lui apprendre la gratitude pour qu’il la ressente. Tout comme vous avez besoin de lui apprendre à s’exprimer correctement pour qu’il arrête d’être insolent et de vous manquer de respect ! 


Cet épisode fait partie des parcours d’écoute « être parent » et « situations quotidiennes » comme les épisodes suivants :


Si vous vous sentez en difficulté par rapport au comportement d’insolence de votre enfant, je peux vous aider !

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